Skip to content

Le rédacteur en chef du journal «Die Zeit» fait son autocritique | Horizons et débats

7 octobre 2016

Giovanni Lorenzo, rédacteur en chef de l’hebdomadaire allemand «Die Zeit» émet des critiques envers son journal et envers les médias en général: le climat d´unanimité favorable aux réfugiés aurait détérioré durablement l´image des médias. «Les gens nous en veulent.» Et il s’en prend aussi à lui-même: «Au début, nous avons fait un gros titre qui ne manifestait pas la réserve de rigueur dans ce cas. Le titre disait ‹Bienvenue!› et l´éditorial en a rajouté. Comme je l’écrivais alors: ‹Chaque réfugié est un enrichissement pour notre pays›.» M. Lorenzo critique prudemment la perception que la presse a d´elle-même en tant qu’éducateur de la nation lorsqu’il ajoute: «Je crois que dans cette crise migratoire, au lieu de nous concentrer sur notre rôle d’observateurs, nous avons trop longtemps voulu être acteurs.» (www.meedia.de du 11/7/16)

Paternalisme éducatif

Par ses aveux, Lorenzo tente de regagner sa crédibilité perdue au sein de la population. Le fait que de nombreuses personnes se détournent des médias traditionnels est illustré – outre par la baisse des abonnés – par une recherche scientifique de l’Institut de journalisme économique de l’Université de Wurtzbourg, conduite par Kim Otto et Andreas Köhler. Selon cette étude, il n’y a plus que 51% des citoyens allemands qui font encore confiance à la presse, soit 4% de moins que l’année précédente. Dans le groupe d’âge des 25 à 34 ans, 62,4% se méfient des médias, que ce soit la presse, la radio ou la télévision. Selon Otto et Köhler, la première grande perte de confiance a eu lieu lors de la crise ukrainienne. Pour beaucoup de gens, les informations qui concernent la crise migratoire sont considérées comme du «paternalisme éducatif».

Liberté de la presse – indispensable à la démocratie

Il fut un temps où l’Allemagne était à juste titre fière de sa presse indépendante et de sa liberté d´expression. En Allemagne, comme dans de nombreux autres Etats européens, la liberté de la presse, la liberté d´expression et d´opinion sont des éléments indispensables à la démocratie. C’est pourquoi le désamour des citoyens envers les médias traditionnels est un mauvais présage à prendre très sérieusement.     •

Source :  Horizons et débats

Publicités

From → Propagande

Commentaires fermés

%d blogueurs aiment cette page :