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BREXIT, TRUMP, FILLON !  / Excellent Emmanuel Leroy | Algarath Select

 

Un fil conducteur ?

Depuis le vote du Brexit au Royaume-Uni le 24 juin dernier, tout se passe comme si l’agenda de la mondialisation semblait abandonné ou en tout cas avait du plomb dans l’aile.

En effet, si la perfide Albion elle-même, matrice historique de l’idéologie anglo-saxonne, abandonne le navire européen englué dans la crise migratoire et financière, alors on peut se dire à tout le moins que l’on assiste à un changement stratégique fondamental de la part de ceux qui visent à la gouvernance globale. En effet, alors que les archives déclassifiées de la CIA en 2000 http://philip.dru-administrateur.nwo.over-blog.com/article-archives-la-cia-finance-la-construction-europeenne-par-la-revue-historia-112373806.html  ont révélé les liens étroits entre les présumés « Pères de l’Europe » Jean Monnet et Robert Schuman avec leurs maîtres anglo-saxons http://journal-audible.org/monnet-schuman-peres-de-leurope-ou-fils-des-americains/ on peut légitimement se demander quel est l’intérêt des mondialistes de laisser à la dérive un instrument précieux de contrôle et d’asservissement des peuples.

Mais si l’oligarchie anglo-saxonne, du moins une partie d’entre elle, a joué la carte du Brexit et la victoire de Trump, https://www.theguardian.com/media/2016/jun/28/rupert-murdoch-brexit-wonderful-donald-trump , nous nous trouvons alors avec ce constat dans le cas de figure idéal pour aveugler les esprits et tromper les analystes les plus lucides et les plus circonspects.

Et de fait, depuis la sortie – théorique pour l’instant – du Royaume-Uni de l’Union européenne, de la victoire de Trump et de celle de Fillon, la Toile anticonformiste et la presse alternative chantent les louanges de ce qui apparaît comme un changement radical de paradigme et vis-à-vis duquel je suis beaucoup plus dubitatif.

1/ Commençons par le Brexit :

Objectivement, le départ des Godons https://fr.wiktionary.org/wiki/Godon des institutions bruxelloises ne peut que réjouir tout défenseur des patries charnelles quand on connait le rôle qu’a joué l’Angleterre dans la majorité des guerres qui ont déchiré l’Europe et cela depuis la victoire éclatante des armes françaises sur l’Anglois à la bataille de Castillon le 17 juillet 1453. Je crois, toute plaisanterie mise à part, que la couronne britannique n’a toujours pas accepté cette défaite et plus largement son éviction du continent, et que toute sa géopolitique des siècles ultérieurs a prouvé que non seulement elle entendait reprendre la main sur les destinées de la France et de l’Europe, mais au-delà, lorsqu’elle en eût les moyens après les Grandes découvertes, https://fr.wikipedia.org/wiki/Grandes_d%C3%A9couvertes et surtout après la révolution industrielle, sur les affaires du monde lui-même.

Pour ce faire, elle a su combiner la suprématie maritime avec la domination financière, théorisée au XVIème S. par le navigateur anglais Sir Walter Raleigh qui, le premier, s’était exprimé ainsi : « Qui tient la mer tient le commerce du monde ; qui tient le commerce tient la richesse ; qui tient la richesse du monde tient le monde lui-même ».

Mais revenons au Brexit. Ma conviction, est que la pointe de la pyramide de l’oligarchie britannique – pas le lecteur de base du Times – a récemment pris acte de l’échec de la stratégie des néo-conservateurs étatsuniens pour achever la prise de contrôle total du monde après l’écroulement de l’Union soviétique. En effet, le monde anglo-saxon a eu une fenêtre de tir relativement courte à l’échelle de l’Histoire – 1991/2000 – pour achever la prise de l’Eurasie par la chute définitive de Moscou. Pourtant, entre Gorbatchev et Eltsine, les maîtres de la finance mondiale ne pouvaient rêver meilleurs partenaires pour mettre le dernier pays libre du continent eurasiatique à genou. Et de fait, entre le pillage des richesses, l’amputation des territoires et l’inoculation à haute dose du poison libéral dans les veines slaves, tout a été mis en œuvre pour achever le rêve fou des adeptes de la gouvernance mondiale.

Mais au tournant du millénaire, la Russie s’est réveillée, lentement, et a commencé très progressivement, à prendre conscience du fait que les « partenaires » occidentaux ne souhaitaient pas tant un partenariat qu’une reddition en bonne et due forme. Certains auteurs anti-conformistes, comme Pierre Hillard, nonobstant la qualité de leurs travaux, pensent toujours que les dirigeants Russes sont de mèche avec le Système. Je pense quant à moi que la réalité est plus complexe et plus précisément doit s’analyser dans le temps. Que Vladimir Poutine par exemple – bien qu’avouant une totale aversion pour toute idéologie – ait émergé de l’école « libérale » du KGB ne fait aucun doute https://fr.wikipedia.org/wiki/Anatoli_Sobtchak .

Mais ma conviction est que la géographie d’abord, l’histoire ensuite, puis la découverte progressive de la volonté irrépressible des Anglo-saxons d’asservir le dernier peuple libre sur le continent eurasiatique, a conduit Vladimir Poutine, et avec lui la majorité du peuple russe, à prendre conscience des véritables enjeux et à commencer à imaginer une alternative à l’idéologie occidentale. Voir à ce sujet le remarquable article d’Alexandre Douguine sur le césarisme http://katehon.com/fr/article/civilisation-souveraine-et-elimination-du-cesarisme

Ce réveil de la Grande Russie et la formidable modernisation de l’armée russe  (voir ici https://legrandsoir.info/les-dessous-du-tir-des-deux-missiles-en-mediterranee.html, ou là http://www.voltairenet.org/article185324.html ou encore là http://reseauinternational.net/la-russie-brouille-les-commandes-du-porte-avions-ronald-reagan-et-de-la-7eme-flotte/ opérée en l’espace d’une décennie, a sonné le glas des espérances anglo-saxonnes et néo-conservatrices de parachever la conquête militaire du monde dans des délais brefs en imposant leur présumée supériorité technologique.

Quel rapport toutes ces histoires ont-elles à voir avec le Brexit ? Eh bien tout simplement que lorsque le Système se heurte à des résistances qu’il ne peut vaincre, il utilise un chemin détourné pour parvenir à ses fins. Ayant pris acte de la supériorité militaire russe sur la technologie occidentale, et notamment étasunienne, il revient à ce qu’il sait faire le mieux, de l’ingénierie financière et c’est ce que la City a commencé à faire avec les DTS http://www.algarathselect.com/dts-sdr/apres-lentree-yuan-dts-suite-logique/.

Pour bien comprendre la logique du Système, il faut garder en permanence à l’esprit que l’oligarchie, le NOM, la super-classe mondiale, les initiés, la haute finance, appelez-les comme vous voulez, poursuivent toujours le même but, et cela depuis des siècles, génération après génération : parvenir au contrôle total de toute l’humanité. Le Brexit doit donc être vu non pas comme une libération d’un peuple des griffes de la mondialisation, mais simplement comme une pause, ou plutôt comme une réorientation de la stratégie des véritables donneurs d’ordres.

On peut pousser les supputations encore plus loin et imaginer par exemple que la sordide affaire Strauss-Kahn au Sheraton de New-York en 2011 relèverait des prémices de ce que nous voyons éclore aujourd’hui de manière plus nette. On se rappellera que l’ancien directeur du FMI et en accord avec certains de ses mandants, poursuivait une politique de mise en place des droits de tirages spéciaux http://www.voltairenet.org/article170056.html en liaison étroite avec la Chine et la Russie et dans laquelle la Lybie devait jouer un rôle initial important, grâce à sa politique africaine et au poids que représentaient ses réserves financières à travers ses fonds souverains. Mais si la mise en place de ces fameux DTS – souhaitée par la City – arrangeait la Chine et un certain nombre de pays émergents, qui souhaitaient ainsi sortir de l’emprise du dollar, il est évident que l’oligarchie étatsunienne ne pouvait voir d’un bon œil lui échapper la suprématie du dollar qui lui assure une prédominance sur la finance mondiale.

On peut donc supputer que la chute du patron du FMI relèverait d’un affrontement entre certains cercles de la City et certains cercles de Wall Street et que DSK serait la première victime d’envergure dans ce qui peut parfaitement s’analyser comme une scission dans le camp de la globalisation, et dans ce combat fratricide, dans tous les sens du terme, c’est Wall Street et le complexe militaro-industriel étatsunien qui ont remporté la première manche. Et cette victoire fut suivie d’une autre, à savoir la chute du dictateur Libyen https://www.youtube.com/watch?v=Fgcd1ghag5Y , deuxième victime d’envergure de la lutte entre le dollar et ce qui est encore la livre sterling. Autrement dit, l’année 2011 peut encore être considérée comme une année de prédominance mondiale du complexe militaro-industriel étatsunien, incarné sur la scène internationale par Hillary Clinton et ses supplétifs européens Cameron et Sarkozy. Et c’est probablement parce qu’elle a remarquablement servi les intérêts d’une partie de l’oligarchie étatsunienne, désormais en rupture avec la City, qu’Hillary Clinton a été choisie comme championne du camp démocrate destinée à défendre coûte que coûte, y compris au prix d’une guerre mondiale http://numidia-liberum.blogspot.fr/2016/05/poutine-son-etat-major-si-hillary.html , la prééminence des Etats-Unis sur le reste du monde. C’est dans cette perspective que l’on peut donc voir la candidature de Trump comme un contrefeu de la City, destiné à éteindre progressivement les velléités de domination mondiale des USA par la force brute, en faisant rentrer dans le rang la puissance étatsunienne et en la soumettant à la seule volonté de la matrice londonienne.

2/ Poursuivons avec Donald Trump

Il y a un fait qui a été peu relevé c’est que le premier homme politique européen qui a rencontré Donald Trump après son élection http://www.politico.eu/article/nigel-farage-to-donald-trump-we-can-do-business/ est M. Brexit en personne, à savoir Nigel Farage himself, ex-patron du UKIP, démontrant par là que les forces qui ont soutenu la sortie du Royaume-Uni de l’UE étaient en phase avec celles qui soutenaient Donald Trump aux USA.

Concernant le personnage très controversé qu’est le nouveau maître de la Maison blanche les informations diffusées sont tellement contradictoires qu’il faudra attendre plusieurs mois avant de voir se dessiner réellement quelle sera véritablement la nouvelle politique intérieure et internationale des Etats-Unis.

Si l’on s’en tient à ce qui nous a été transmis durant la campagne ou aux propres déclarations de Donald Trump – et l’on ne s’attardera pas sur les questions graveleuses ou les suspicions de viol –, on peut normalement inférer les données suivantes :

En politique intérieure :

a/ Réindustrialisation du pays.

b/ Arrêt de l’immigration (sud-américaine et musulmane).

c/ Mise au pas de Wall Street et de la Fed.

d/ Baisse des impôts pour les entreprises

e/ Relance par une politique de grands travaux

f/ Indépendance énergétique avec les gaz et pétrole de schiste

Si l’on s’en tient aux trois premiers points, et s’ils sont effectivement mis en oeuvre à partir de janvier prochain, il s’agira indiscutablement d’une révolution en rupture totale avec la politique suivie par les Etats-Unis depuis Jimmy Carter. Si l’on considère que la politique étatsunienne à compter des années 70 a clairement favorisé « l’offshorisation » de la haute finance par les délocalisations industrielles de l’ensemble du monde occidental au bénéfice de l’Asie et de la Chine en particulier et par le développement simultané des paradis fiscaux, les projets de Donald Trump sont clairement en rupture avec cette politique de péréquation des richesses au niveau mondial.

Pour dire les choses clairement, quand on déménage une usine de Cleveland à Shanghaï ou de Detroit à Kuala Lumpur, on aboutit au constat suivant : on a appauvri les classes moyennes et populaires étatsuniennes ; on a enrichi des populations asiatiques et par-dessus tout on a augmenté considérablement les marges de profit des sociétés transnationales et des principales banques qui les contrôlent. Donc, si les engagements de campagne de Trump sont tenus, on assistera à une redynamisation de la société étatsunienne au détriment de la haute finance internationale. Cette volonté ira-t-elle jusqu’à renverser le pouvoir exorbitant de la Fed http://www.voltairenet.org/article151713.html et à restaurer un capitalisme d’Etat tel qu’il régnait aux Etats-Unis avant 1913 année de création de la Réserve Fédérale ? L’avenir nous le dira.

Ce qui est d’ores et déjà acquis, c’est que la victoire de Trump a manifestement libéré certaines consciences dans le monde anglo-saxon, notamment dans le monde des médias, puisque l’on commence à voir des articles dans la presse britannique remettant en cause la version officielle des attentats du 11 septembre http://www.express.co.uk/news/world/736223/9-11-tower-Building-7-collapse-fire-conspiracy . Chose absolument impensable il y a encore seulement un mois.

En politique internationale :

a/ Affichage d’une volonté de coopération avec la Russie.

b/ Amorce de tension avec la Chine en annonçant la remise en place de droits de douane élevés.

c/ Abandon des guerres d’agression et notamment dans le conflit syrien.

d/ Remise en cause des accords internationaux sur le climat.

e/ Remise en cause de la levée des sanctions contre l’Iran.

Dans l’ordre : sur la volonté de coopérer avec la Russie, notamment dans la lutte contre le terrorisme – largement commandité par les Etats-Unis et leurs alliés -, c’est la meilleure nouvelle que pouvait espérer la Russie et c’est ce qui explique la grande satisfaction exprimée à Moscou http://katehon.com/fr/article/analyse-de-douguine-la-victoire-de-donald-trump après la victoire du candidat républicain. Il est évident qu’à l’inverse, si Hillary Clinton l’avait emporté, les risques d’une 3ème guerre mondiale imminente n’étaient pas négligeables, et qu’un certain nombre de signaux alarmants étaient déjà passés au rouge vif ces derniers mois en Europe https://fr.sputniknews.com/international/201607091026524484-otan-bataillons-deploiement/ et en mer de Chine http://geopolis.francetvinfo.fr/les-tensions-en-mer-de-chine-poussent-les-pays-de-l-asie-pacifique-au-rearmement-105405 .

Sur le regain de tension avec la Chine, ce serait la première fois depuis la fin des années 60 que l’on assisterait au réveil de la lutte contre l’empire du milieu. Depuis Nixon, l’entente cordiale entre la Chine et les USA n’avait quasiment pas connu de hiatus, si l’on excepte les remous créés par la fin de la guerre du Vietnam en 1975. Cette donnée est importante à prendre en compte, car elle est en porte à faux avec l’alliance financière que Londres a engagé avec Pékin http://www.lesechos.fr/01/02/2016/lesechos.fr/021664517146_la-chine-constitue-un-executif-mixte-pour-sa-banque-des-infrastructures.htm à travers la mise en place des DTS et le soutien à la banque asiatique des infrastructures – autrement dit le soutien à la politique stratégique de la Chine : une ceinture, une route -.

Sur l’abandon des guerres d’agression, il s’agirait là d’un retournement majeur, s’il est respecté, de la politique étrangère étatsunienne depuis 1945. En particulier, l’arrêt du soutien des Etats-Unis à la politique de déstabilisation des Etats laïques du Proche et Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord menée par l’Arabie Saoudite et le Qatar avec l’appui des Frères musulmans, représenterait un changement fondamental de stratégie de la part du monde anglo-saxon et là encore, montrerait une séparation nette entre la politique de Londres et celle de Washington.

Ce qu’il est intéressant de noter dans cette évolution c’est que le remodelage du Grand Moyen-Orient élaboré dans les officines néo-conservatrices en liaison vraisemblable avec l’Etat d’Israël va probablement subir un coup d’arrêt brutal, déjà esquissé avec le retournement d’alliance que l’Egypte vient de manifester en se ralliant à lutte contre le terrorisme en Syrie http://french.almanar.com.lb/80243

Si j’étais à la place du Premier ministre israélien, je commencerais à me poser des questions sur l’alliance renouvelée en  1917 entre Lord Balfour et Theodor Herzl http://reseauinternational.net/declaration-balfour-comment-la-grande-bretagne-a-detruit-la-palestine-ma-patrie/ .

Sur la remise en cause des engagements étatsuniens sur l’accord de la COP 21, il s’agit ici aussi d’une déclaration beaucoup plus importante qu’il n’y parait. En effet, malgré le battage médiatique de la presse mainstream sur l’unanimité des « experts » et des gouvernements, y compris celui-ci, http://reseauinternational.net/le-pape-demande-a-trump-de-ne-pas-renoncer-a-laccord-sur-le-climat/  sur la question du réchauffement climatique http://www.wikiberal.org/wiki/Liste_de_scientifiques_sceptiques_sur_le_r%C3%A9chauffement_climatique , il est intéressant de voir que le nouveau président étatsunien a exprimé son scepticisme sur le prétendu réchauffement de la terre. Après avoir examiné la génèse https://libertesinternets.wordpress.com/2007/10/17/manipulation_du_lobby_industriel/  de cette fumisterie et le matraquage médiatique phénoménal qui l’accompagne, je crois que l’on peut convenir qu’il s’agit là d’une nouvelle escroquerie, planétaire cette fois-ci, destinée à nous faire accepter le fait que dans les prochaines années il faudra payer de nouvelles taxes – devinez à qui – pour avoir le droit de respirer un air « salubre ».

Enfin, quant à la position de Donald Trump sur l’accord avec l’Iran, j’avoue que je me perds en conjectures. A t-il voulu apprivoiser le lobby sioniste dans le cadre de l’élection présidentielle ? met-il dans le même sac le royaume wahhabite, ISIS/DAESH/EI, les Frères musulmans et la république islamique d’Iran ? Est-il en train d’appliquer la politique d’Israël eu égard à sa grande proximité avec Benjamin Netanyahou ? Ce qui est certain c’est que la géopolitique a ses règles et qu’il me parait difficile de concilier une politique d’alliance avec la Russie pour éradiquer le terrorisme, notamment sur le théâtre d’opération syrien, avec une politique agressive de remise en cause des accords scellés avec l’Iran, quand ce dernier est un acteur majeur dans la lutte contre le poison de l’Islam intégriste en action en Irak et en Syrie.

Quoi qu’il en soit, et même si nous ne sommes pas au bout de nos surprises avec ce que nous réserve l’élection de Donald Trump, il est certain que son avènement constitue un changement tectonique majeur dont nous n’avons pas fini de mesurer les effets, notamment en Europe et plus particulièrement en France.

3/ Terminons avec Fillon  

Il est probable que la victoire de ce dernier à la primaire de la droite soit en lien direct avec l’élection de Donald Trump, cette dernière étant une conséquence logique du Brexit.

Le point commun qui unit ces trois surprises de ces derniers mois est le plantage complet des instituts de sondage et des médias dominants qui dans les trois cas de figure donnaient tous la victoire au camp adverse. Premier constat et qui corrobore l’idée de scission au sein du camp mondialiste, la volonté de changement de stratégie affichée par une fraction de l’oligarchie n’est pas prise en compte par les canaux habituels de diffusion de la pensée unique. Cette assertion méritant d’être tempérée par de notables exceptions dans la presse anglo-saxonne http://money.cnn.com/2016/06/25/media/donald-trump-rupert-murdoch-scotland/ mais hélas pas dans la presse conformiste française, totalement alignée sur les anciens standards de la mondialisation 1.0. Il va falloir leur expliquer qu’on est passé à la version 2.0 et que celle-ci inclut quelques révérences à des personnages aussi atypique que Trump ou aussi insipide que Fillon.

Deuxième constat : il semblerait que la puissance des réseaux sociaux pour créer des lames de fond ou inverser des tendances commence à produire ses effets. Depuis 2003 et la révolution de couleur ayant provoqué la chute en Géorgie du Président Chevarnadze jusqu’à nos jours, les réseaux sociaux se sont considérablement développés et l’emprise sur les cerveaux par le biais de ces réseaux a considérablement augmenté. L’impact est d’autant plus fort, qu’en dehors des réseaux militants du style Avaaz largement connu pour être financé par M. Soros https://secure.avaaz.org/fr/petition/Denoncer_les_interets_frauduleux_de_Avaazorg/?pv=3 il est désormais possible d’investir toute la Toile avec de la désinformation ou de l’information biaisée pour ruiner une candidature (Ali Juppé) y compris en passant par des canaux de l’Internet anticonformiste.

Sur la posture de François Fillon contre l’avortement http://rosemar.over-blog.com/2016/11/fillon-s-impose-par-l-extreme-droite.html ou en sa faveur http://www.sudouest.fr/2016/11/22/avortement-jamais-fillon-n-aurait-pu-penser-que-juppe-tombe-aussi-bas-2576794-7528.php il est bon de se remémorer les fables de La Fontaine : « Je suis oiseau, voyez mes ailes, je suis souris, vivent les rats… ».

Sans entrer dans cette polémique qui ne m’intéresse guère dès lors qu’il s’agit clairement d’une posture, voire d’une imposture, il me semble plus intéressant d’essayer de comprendre pourquoi Fillon l’a emporté contre Juppé alors que tout semblait indiquer que le Système, dans sa déclinaison française, avait voté pour le Maire de Bordeaux depuis de nombreux mois. Eh bien là encore, le décalque avec le Brexit et l’élection de Trump me semble assez valide et là encore nous nous trouvons en face de ce qui semble être une rupture au sein du Système où une fraction que nous appellerons archéo-étatsunienne ou clintonienne si vous préférez, soutient Juppé (vieux Young leader https://frenchamerican.org/young-leaders ) tandis qu’une autre que l’on pourrait appeler néo-globaliste a compris – ou a été dûment informée – que l’on avait changé de stratégie et qu’il fallait désormais changer de braquet, voire de direction.

Et c’est ainsi que l’on nous ressert Fillon, falot petit homme politique de province, fils spirituel – et plus si affinités – de Joël Le Theule http://www.egaliteetreconciliation.fr/Des-pro-mariage-gay-denoncent-une-presumee-relation-entre-Francois-Fillon-et-Joel-Le-Theule-42095.html , ancien député de la Sarthe et qui a introduit au siècle dernier François Fillon dans les charmes et les tourments de la vie politique française.

Et nous voici désormais avec ce quasi désigné futur Président de la république française, ex-gaulliste social, transformé en double ultra libéral et très conservateur de son futur homologue d’outre-Atlantique Donald Trump.

Il est clair maintenant, que François Fillon avec le soutien officiel des milieux catholiques de la Manif pour tous, sauf accident toujours possible, verra l’élection présidentielle de l’an prochain quasiment pliée et que nous aurons un gouvernement ultra-libéral et ultra anti-social en fonction pour le plus grand plaisir des marionnettistes qui tirent les ficelles. Et pour bien vous prouver qu’il est difficile de s’y retrouver dans ce panier de crabes, mettez-vous un instant à la place d’Alain Juppé, à qui de puissants personnages avaient certainement annoncé depuis au moins deux ou trois ans que ce serait désormais à son tour de goûter aux délices du pouvoir, et qui brusquement lui annoncent, que non, après tout, ce ne serait pas lui, mais un autre dont le profil conviendra mieux à la politique que l’on veut mettre en place ou à l’évolution mentale que connait le pays. Et si vous avez lu attentivement la notice de la French American foundation placée ci-dessus, vous aurez vu qu’un certain Henri de Castries https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_de_Castries  (PDG d’AXA jusqu’en septembre 2016) en fut membre (promotion 1994) et qu’il fut donc très proche d’Alain Juppé en tant que co-Young Leader.

Mais Henri de Castries, descendant du marquis de Sade d’après sa notice Wikipédia, est également depuis 2011 patron du groupe Bilderberg http://www.medias-presse.info/le-president-du-bilderberg-rejoint-lequipe-de-francois-fillon/65459/ et il revendique sans complexe sa grande proximité avec le nouveau patron de la droite républicaine, après avoir soutenu, toujours sans le moindre complexe, la candidature de François Hollande en 2012.

En conclusion, il me paraît important de regarder tous les événements qui surviennent avec la plus extrême circonspection et il convient de ne surtout pas se laisser abuser par des déclarations de circonstances ou par des joueurs de bonneteau destinés à détourner l’attention sur ce qui se passe vraiment. Le Système est passé maître dans l’art de manipuler les esprits.

Il y a clairement un changement de stratégie au sommet de l’élite mondialiste et vraisemblablement une lutte mortelle entre la faction archéo-étatsunienne et la faction néo-globaliste est en cours. La majorité des élites françaises, notamment médiatiques, n’a pas encore compris les raisons et les enjeux de ce changement. Il convient d’être d’une lucidité extrême dans les mois à venir car les changements vont être profonds et brutaux. Apparemment, les idées conservatrices, le retour à la tradition, le renforcement des nations et des identités vont être portées aux nues. Mais il conviendra de ne pas oublier que le Système est l’ennemi déclaré des patries, des peuples et des traditions http://reseauinternational.net/le-plan-des-elites-mondialistes/

Leur but est de parvenir à la domination absolue d’une humanité déracinée, sans mémoire et à sa mise en esclavage par le contrôle total des cerveaux. Les réseaux « sociaux », l’argent « numérique », le transhumanisme, l’homme bionique… voilà quelques-uns de leurs projets et je ne pense pas que le Brexit, Trump ou Fillon soient de nature à empêcher ce désastre annoncé. A moins que la Sainte Russie ne continue à jouer au petit village gaulois qui résiste encore et toujours à l’envahisseur… Qui sait ?

Emmanuel Leroy

Source : BREXIT, TRUMP, FILLON !  / Excellent Emmanuel Leroy | Total Visits 366 | Algarath Select

« Dis, pour qui t’as voté ? Pour Juppon ou pour Fillé ? » | Charles Sannat

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Ma femme me demandait hier : « Dis, tu crois que ça changerait quoi Fillon ou Juppé ? Lequel a le meilleur programme ? »

Vous qui avez voté en masse hier, vous qui vous êtes passionnés pour cette primaire, ce que j’ai à vous dire ne va certainement pas vous faire plaisir, mais je ne vous demanderai qu’une chose : lisez ce que j’ai à vous dire et prouvez-moi que c’est moi qui me trompe !

Comme vous pouvez le voir sur cette infographie de l’AFP, les différences entre les deux candidats sont plus ténues que ce que le débat de la primaire savamment orchestré ne vise à le faire croire (mais ce n’est pas le plus important).programme-juppe-fillon

Si pour l’un il faut faire 100 milliards d’économies (Fillon), pour Juppé le « modéré » il faut en faire entre 85 et 100 milliards… Autant dire bonnet blanc et blanc bonnet !!

Oui mais tu comprends il « veut supprimer » la Sécurité sociale (Fillon), Juppé lui il veut continuer comme avant. Pourtant, il ne faut pas oublier que la Sécurité sociale a beaucoup évolué dans le temps et depuis sa création à la fin des années 40. Ce que je vais vous dire sur l’assurance est important, sans doute utile, mais ce n’est pas l’essentiel !!

Lorsque Fillon explique que la Sécurité sociale doit s’occuper des risques importants, il n’a pas forcément tort mais nous vivons dans un immense monde de confusion comme vous le savez.

Une assurance, je ne la prends pas pour m’assurer ce que je peux payer !! Pour être clair, je peux me payer une boîte de Doliprane ou de Fervex en cas de rhume, pas le traitement d’une maladie grave ou de longue durée. Lorsque ma maman a eu un cancer, nous avons été heureux d’avoir une Sécurité sociale !! Alors oui, en période de disette on peut dire que sauver la Sécu c’est aussi dire aux gens que l’on ne peut pas mettre tout forcément sur le même plan de gravité parce que les montants en jeu ne sont pas les mêmes.

Je ne paye pas une assurance maison en cas de vitre cassée (j’ai une franchise de 250 euros). En revanche, si ma maison brûle, je serai bien incapable de payer à nouveau pour sa reconstruction. Là réside le principe de fonds de l’assurance.

Mais en fait, tel n’est pas le problème ! Rien de tout cela n’est le problème !

Le problème c’est que le cadre de ces deux candidats est strictement le même !

Alors pour qui voter lorsqu’aucun de ces deux candidats de droite, aussi respectables soient-ils, ne proposent de remettre en cause les points clefs qui sont la conséquence de nos problèmes ?

Avez-vous entendu Fillé et Juppon expliquer que nous avions un problème avec l’euro ?

Avez-vous entendu Fillé et Juppon expliquer que nous avions un problème avec la mondialisation et les délocalisations devenues totalement iniques pour la France ? La mondialisation est un marché de dupe dans lequel nous nous faisons couillonner dans les grandes largeurs sans rien faire et en contemplant nos usines fermer et nos emplois partir !

Avez-vous entendu Fillé et Juppon expliquer que nous avions un problème avec l’Union européenne qui détient tous les volets de pouvoir en particulier législatifs ?

Avez-vous entendu Fillé et Juppon expliquer que nous avions un problème avec l’exercice de notre souveraineté, de respect de nos frontières, ou encore de choix de guerre ou de paix en étant désormais intégrés à l’Otan ?

Avez-vous entendu Fillé et Juppon expliquer que nous devions peut-être sortir de l’OTAN et ne plus être inféodés aux intérêts américains au détriment des nôtres ?

Avez-vous entendu Fillé et Juppon expliquer que nous avions un problème de compétitivité comme les Américains, comme les Anglais, et très prochainement comme les Allemands qui commencent à se faire racheter leurs entreprises par les vilains Chinois ?

Avez-vous entendu Fillé et Juppon expliquer que la compétitivité c’est relatif ? Que travailler 48 heures par semaine (au maximum) c’est très bien, mais que même en faisant cela, nous resterons largement plus cher qu’un petit chinois payé 100 euros par mois dans les campagnes et 400 en ville charges comprises, ce qui est également le cas d’un Polonais (500 euros par mois), sans oublier le Bulgare encore moins cher que le Chinois à moins de 200 euros mensuel ?

Avez-vous entendu Fillé et Juppon parler du dumping fiscal ou social des autres pays ?

Avez-vous entendu Fillé et Juppon expliquer les dangers du totalitarisme marchand et des multinationales qui confisquent la démocratie et les leviers de pouvoir à leur profit et contre les peuples ?

Avez-vous entendu Fillé et Juppon parler des banques ou des mécanismes de création monétaire ?

NON, Juppon et Fillé sont tous les deux des mondialistes !

Alors j’aurais pu continuer cette longue litanie encore longtemps. Comment parler de la fierté d’être français (Fillon) sans parler une seule fois, sans jamais évoquer la « souveraineté » de notre pays (et à ce titre Juppé est moins faux cul avec son programme sur la diversité heureuse) ?

Alors dis, pour qui t’as voté, hein ? Voilà ma chérie ce que je pense, et c’est cela que j’ai répondu à ma femme.

Le spectacle électoral est très bien fait. Il y a du suspense, des retournements, on fait croire à des différences fondamentales, à un vrai choix de société (ma maman ayant très peur de Fillon car il prône une société radicalement différente d’un Juppé) alors qu’aucun des deux candidats n’a abordé les véritables sujets, les fondamentaux comme ils l’ont été d’ailleurs aux États-Unis et ce qui explique, n’en déplaise aux mondialistes, le succès et la victoire de Trump.

Les gens sont gentils et naïfs.

Ils veulent croire que cela peut changer, ils veulent croire que le choix est important, que la démocratie existe, qu’entre Juppon et Fillé ce n’est pas pareil, mais fondamentalement et dans l’épaisseur du trait, c’est exactement la même chose.

La triste réalité, c’est qu’avec Juppon ou Fillé vous aurez la même Europe. Vous aurez la même mondialisation, vous aurez les mêmes délocalisations, vous aurez le même dumping fiscal ou social savamment organisé pour le profit des multinationales. Vous aurez moins de droits, moins de protection, plus de travail à faire et au bout, plus de chômage. Ces politiques ne peuvent pas fonctionner car il s’agit encore et encore de faire fondamentalement la même chose dans le même cadre mais un peu autrement avec quelques ajustements à la marge sur les impôts ou pour les « artisans » et les professions libérales et encore…

Bref, tout cela n’est qu’un grand mirage.

Vous avez le choix entre deux mondialistes européistes et europathes…

Peu importe le vainqueur.

Peu importe le gagnant.

C’est juste un spectacle, ou plus précisément comme je le pense, un grand cirque et une immense illusion dont vous êtes les héros anonymes et comme d’habitude les futurs cocus.

Finalement, le seul champ libre laissé est la vision « sociétale » que l’on peut réduire à « LGBT » pour la gôche de prôôôgrèès et « catho-réac » pour la droite (en gros et en très volontairement caricatural, mais vous avez compris l’idée), pour le reste vous aurez essentiellement la même politique européiste et mondialiste (en données corrigées de la politique étrangère qui diffère de Fillon à Juppé et ce n’est pas rien non plus).

J’aurais pourtant tellement aimé vous dire autre chose, j’aurais pourtant, comme beaucoup, tellement aimé y croire.

Il est déjà trop tard. Préparez-vous !

Charles SANNAT

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur http://www.insolentiae.com. »

 

 

 

« Trump élu, Brexit, le protectionnisme impossible devient une réalité ! » L’édito de  | Charles SANNAT

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Le protectionnisme est impossible ! Voyons ! Vous voulez quoi ? Devenir comme la Corée du Nord ? Hahahahahaha, vous êtes un fasciste, un europhobe, vous êtes contre le prôôôgrèèèès, un raciste opposé à la diversité heureuse et enrichissante, vous nous rappelez les heures les plus sombres de notre histoire blablablablabla…

Sauf que nos élites, nos mamamouchis, qui sont des traîtres aux nations qu’ils dirigent sont tous en train de se faire balayer par le ras-le-bol généralisé des peuples des politiques menées depuis des années contre leurs intérets et contre d’ailleurs leurs propres votes !

Croyez-vous que le peuple français a voté pour cette Europe-là ? Non, il l’a refusée, mais Sarko l’a fait quand même et tous les autres !

Croyez-vous que les Français ont voté Hollande pour avoir la loi Travail dite El Khomri ?

Croyez-vous que les Français veulent moins de droits sociaux, moins de protection, etc. ?

Évidemment non !

Les Français sont gentils, mais vous croyez vraiment les boniments des « leaders d’opinion », suppôts du totalitarisme marchand et des grandes multinationales qui se servent de l’immigration comme d’un outil pour avoir une main-d’œuvre corvéable à merci et des salaires moins onéreux ? Non, l’immigration – et la diversité – n’est plus heureuse depuis longtemps !

Elle n’est plus heureuse ni pour les « déjà-là » ni pour les « tout-juste-arrivés » ! C’est un enfer pour tous…

Croyez-vous vraiment que le mondialisme, le chômage de masse, les délocalisations et ce système-là sont dans l’intérêt des peuples ? Bien sûr que non !

Nous sommes, depuis début 2000, dans un capitalisme de vol, de rapine, de violence qui génère des guerres terribles que NOUS menons contre d’autres peuples pour voler leurs ressources et sauvegarder les bénéfices de grandes entreprises contre les peuples de toute la planète !

L’ennemi ce n’est pas Trump, ni Poutine, mais le totalitarisme marchand !

Alors je le dis, à tous nos gentils concitoyens, hélas, totalement lobotomisés par une propagande au raffinement jamais atteint, l’ennemi ce n’est pas Trump, encore moins Poutine, il ne faut pas avoir peur du Brexit. L’ennemi c’est justement le totalitarisme marchand, l’ennemi c’est toute une élite vendue aux intérêts des multinationales qui corrompent la classe politique et dirigeante mondiale.

Alors oui, l’élection de Trump, la victoire du Brexit, et sans doute demain le rejet par les Italiens lors d’un référendum d’une nouvelle réforme sont une excellente nouvelle, celle du vent de l’histoire qui souffle, du refus des peuples de poursuivre cette politique terrifiante qui mène le monde à l’abîme.

Sarkozy a fait la guerre à la Lybie pour voler le pétrole en notre nom !

Les Bush la guerre à l’Irak, à la Syrie, au Yemen, en notre nom !

Nous avons déstabilisé la Tunisie, l’Égypte, la Turquie en notre nom !

En réalité, ce sont nos grandes entreprises, notre système économique qui vont voler l’énergie, car nous menons des guerres pour l’énergie que nous refusons tout simplement de payer à ces pays au juste prix car notre système économique est basé sur une énergie abondante et peu coûteuse !!

Nous faisons n’importe quoi et nous nous étonnons des conséquences comme le terrorisme, car les gens, encore une fois, oublient que pour faire notre plein ici, nous bombardons là-bas !

Nous avons humilié et sanctionné la Russie sans raison réellement valable !

Nous sommes en réalité les méchants ! Non seulement nous n’avons pas de leçon à donner mais surtout, il est indispensable de changer ce que nous faisons et de mettre au pas ces puissances de l’argent.

Rejeter ce système est notre devoir à tous !

Lutter contre cette mondialisation, lutter contre cette pseudo-élite qui trahit les peuples, lutter et dénoncer ces grandes corporations, lutter sans relâche contre les excès de ce système financier est un devoir de citoyen, de tous les citoyens !

Depuis longtemps je suis très inquiet et pourtant, pour la première fois depuis bien longtemps, là où tous les bien-pensants voient un drame, je vois une lueur d’espoir avec le Brexit et l’élection de Trump !

L’espoir effectivement que nous mettions fin à ce système mortifère, et l’une des toutes premières déclarations de Trump a consisté à dire qu’il mettrait toujours les intérêts américains devant mais qu’il le ferait avec justice et dans le respect des autres nations avec qui il veut travailler ! Il ne parle plus d’une Amérique autoritaire, conflictuelle et hégémonique ! Trump veut parler avec Poutine là où Hillary Clinton voulait nous amener vers encore plus de tensions !

L’élection de Trump, c’est un espoir pour reprendre par la force des choses notre souveraineté et d’ailleurs les premières réactions d’Hollande, le soumis au mondialisme, sont pathétiques… Même son de cloche en Allemagne, nos mondialistes européens se retrouvent orphelins !

Nous allons découvrir que le protectionnisme est possible et qu’il est la seule voie pour sortir de la crise terrible dans laquelle nous sommes ! Sans protectionnisme, il n’y a aucun plan de relance possible.

Sans protectionnisme, il ne peut y avoir que de la déflation car les salaires vont vers le moins-disant !!

Sans protectionnisme, il ne peut pas y avoir de fiscalité car évidemment, nous avons organisé le dumping fiscal !

Sans protectionnisme, il ne peut pas y avoir de maîtrise de l’immigration qui, pour être bénéfique, doit permettre l’intégration, et l’intégration n’est possible que si le flux est maîtrisé, le reste étant de la littérature.

Nous allons découvrir, et en France aussi, que le seul chemin possible c’est de reprendre notre destin en main, de reprendre notre souveraineté.

Les Américains viennent d’envoyer valdinguer cette élite mondialiste insupportable qui depuis 20 ans ruine consciencieusement les peuples à son unique profit.

Les Américains viennent de dire qu’il y a une alternative et qu’un autre système est possible.

Les Américains viennent même de nous montrer, comme nos voisins anglais avec le Brexit, que le soleil se levait le lendemain du vote, que les marchés finalement suivaient…

« L’establishment » français peut trembler car il est fort probable qu’il soit balayé dès 2017. Quant à Alain Juppé donné grand favori, il risque, tant il incarne le « système », la « continuité », de se faire littéralement « Clintoniser ».

Trump c’est Marine le Pen !

Sauf que Trump est désormais président des États-Unis et qu’il va falloir que notre mamamouchi du palais, notre carpette élyséenne, aille ramper devant celui qu’il a insulté pendant tant de mois alors que son avis sur les élections américaines était loin d’être utile, un chef d’État n’interférant pas (au moins publiquement) dans le processus démocratique d’un pays, qui plus est allié !

Alors dire que l’élection de Trump est une bonne nouvelle, cela sera forcément faire le jeu du FN. Mais peu importe. Entendez-moi bien : vous pouvez aimer ou pas Marine le Pen et son parti, cela n’est pas l’objet de la présente analyse et ne changera rien au faits.

Dans le monde entier, les dirigeants ne veulent pas entendre la colère qui monte depuis des années, si ce n’est dans un seul pays… le Royaume-Uni.

Le Royaume-Uni, au pragmatisme légendaire, est le seul pays qui a réussi sa décolonisation pas trop bêtement. Pourquoi ? Parce que les élites ont entendu.

Elles ont également entendu pour le Brexit. Et qui met en place le Brexit ? Le FN anglais ? NON ! Les conservateurs anglais « classiques » ! En clair, la classe politique prend en compte le ras-le-bol avant de voir ce que l’on appelle les « populistes » prendre le pouvoir.

Il y a donc deux façons de voir : soit les partis dits « classiques » arrêtent leurs âneries mondialistes, européistes et immigrationnistes, et elles garderont le pouvoir, soit elles continuent (ce qu’elles semblent faire même après la victoire de Trump) et alors elles seront balayées par le vent de l’Histoire.

J’énonce une évidence, pas une prise de position, ce qui n’est pas mon rôle ici dans ces colonnes. Marine le Pen gagnera les élections de 2017 parce que les autres partis refusent d’entendre la souffrance, la colère, la désespérence, mais aussi ce que disent les électeurs depuis maintenant 20 ans. Les anglo-saxons ont été les premiers à ouvrir le bal, nous allons emboîter le pas et renverser la table que cela plaise ou non à nos chiens de garde du système actuel. De la même manière que la décolonisation était inéluctable, la démondialisation l’est également et avec elle, la fin de l’Europe, de l’euro et de la déliquescence des États, seuls échelons valables de la souveraineté et de l’expression démocratique.

Le monde change, et pour la première fois, il change vers un sens qui est porteur de lueurs d’espoir, et aussi de grands dangers, ne le cachons pas. La transition vers une démondialisation sera complexe, difficile, mais elle reste indispensable.

Va-t-on réussir à le faire de façon équilibrée et intelligente ? Rien n’est écrit, rien n’est sûr.

La politique est tout et l’économie n’est que de l’intendance ! Nous avons laissé l’intendance gagner à notre détriment. Nous devons reprendre le pouvoir et mettre l’économie au service des peuples et pas l’inverse. Comme tout combat, il sera douloureux et difficile. La victoire n’est pas certaine, mais le combat, lui, doit-être mené avec courage et fierté pour façonner un autre monde.

Il est déjà trop tard. Préparez-vous !

Charles SANNAT
source : http://www.insolentiae.com/trump-elu-brexit-le-protectionnisme-impossible-devient-une-realite-ledito-de-charles-sannat/

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Le chaos s’éclaircit : voici pourquoi les USA utilisent l’ISIS pour conquérir l’Eurasie

Remarquable article soulignant la connivence établie entre ISIS et le système financier occidental, dans la droite ligne de la piraterie qui, par nature, est un instrument aux mains des pouvoirs locaux.  Paru en 2014 sur le site sinistrainrete.info (un site bêtement marxiste ce qui n’interdit pas de bonne analyses par ailleurs), traduit par le blog de Danyves, qu’il faut remercier même deux ans plus tard, repris par le premier site du Saker (aujourd’hui remplacé par un emplâtre), il vient d’être exhumé par Arrêt sur Info.

L’auteur développe là une analyse unique en son genre, comparant les pratiques de premières frappes préventives des USA et de leurs associés à celles des guerres de course menées par les corsaires et les pirates… il y a seulement quelques siècles. Il y aborde notamment les risques d’une troisième guerre mondiale, le Pape, ISIS, les Baptistes, l’Ukraine, la question kurde…

Au XVIe siècle, les pirates et les corsaires semaient la terreur sur les mers

Les corsaires étaient des particuliers (souvent des armateurs), qui engageaient des capitaines habiles dans la navigation, pour poursuivre leurs propres intérêts, en collaboration avec les intérêts politiques d’une puissance, qui leur fournissait, justement, une « lettre de course ». Cette lettre les habilitait à attaquer et à piller les vaisseaux d’autres puissances, sous certaines conditions (en général une guerre).

Les activités des pirates et celles des corsaires étaient pratiquement les mêmes. Seules changeaient les couvertures politiques officielles. Certains corsaires finissaient leur carrière comme pirates, parfois pendus par les mêmes gouvernements qui les avaient engagés.

De fait, les corsaires pouvaient se permettre de faire les choses qu’un État considérait comme politiquement ou économiquement imprudent de faire lui-même.

Les Compagnies commerciales constituaient une variante à bien plus grande échelle, et bien plus organisée. Elles étaient dotées de privilèges, comme la célèbre Compagnie anglaise des Indes orientales, qui, quoique totalement privée (la Couronne anglaise ne possédait pas même une action des Compagnies anglaises), jouissait du nihil obstat [1] [l’autorisation donnée par l’autorité compétente, NdT] pour conduire des guerres et des activités de gouvernement.

« Corsaires » et pirates ont suscité les fantaisies romantiques et libertaires de générations de gens qui, par contre, fronçaient le nez devant les entreprises de leurs mandants.

Aujourd’hui, l’histoire se répète, en pire

Depuis plus de 30 ans, les groupes armés des soi-disant fondamentalistes islamiques constituent une forme encore plus perverse de ces grandes compagnies d’aventuriers, au service de l’Empire étatsunien. Les bases de cette alliance-service furent jetées pendant la Première Guerre mondiale par des gens comme St. John Philby [2] et Gertrude Bell [3], brillants agents anglais parfaitement préparés, qui travaillaient en contact étroit avec les princes saoudiens.

On a vu cette alliance à l’œuvre en Afghanistan dans les années 80, sous la savante conduite criminelle de Zbigniew Brzezinski [4], puis en Bosnie, au Kosovo, en Tchétchénie, en Libye, en Syrie et maintenant en Irak. Il est vraisemblable que son bras long s’étendra jusqu’en Inde, via le Pakistan, et jusqu’au Xinjiang ouighour, en Chine.

L’ISIS, c’est-à-dire l’État Islamique de l’Irak et du Levant (Syrie), est la forme la plus sophistiquée de cette stratégie corsaire. Plus encore qu’Israël [5], l’ISIS est la quadrature du cercle : un État-non-État qui, étant par définition une entité terroriste, a le « droit » d’être en dehors de quelque légalité que ce soit. Les USA ont raison, de leur point de vue, de l’appeler « organisation terroriste » : le soutien politique direct, le soutien organisationnel via l’Arabie saoudite, et, justement, cette définition elle-même, constituent la « lettre de course » que la Superpuissance leur fournit. En d’autres termes, ils ont le droit-devoir d’être des terroristes.

Exactement comme c’était le cas des corsaires jadis, sous le déguisement de « combattants de la liberté » (anti-Assad), ils ont suscité les fantaisies romantiques d’humanistes ingénus (parfois, hélas, ils sont même tombés dans la mortelle toile d’araignée) et de soi-disant internationalistes, dont Jupiter avait décidé la perte. Nous pouvons supposer qu’à présent ils se sentent un peu perdus. Nous, au contraire, nous commençons à voir plus clairement les contours d’un dessin assez précis.

La stratégie des premières attaques, analogue à celle des corsaires avec leurs Guerres de course

Dans les années 80 déjà, la Rand Corporation [6] avait « prévu » que les guerres futures seraient un mixte de conflits stellaires et de conflits prémodernes menés par des entités infra-étatiques. Prévision aisée à faire, puisque la Rand faisait partie du complexe qui était en train de préparer ce scénario.

Cette stratégie s’appuie sur une parfaite logique. En fait, les « guerres des étoiles », menées jusqu’à leurs dernières conséquences, ne peuvent que se transformer en conflits nucléaires. Par contre, la guerre de course, par l’intermédiaire d’entités infra-étatiques, conduite par les USA, après les premiers coups « orthodoxes » portés par l’engeance des Bush et Clinton, a permis à la Superpuissance de lancer cette série de premières attaques (first strikes), qui auraient été très risqués, et donc impossibles, sous forme de guerres orthodoxes entre États, même si la nouvelle attitude nucléaire (New Nuclear Posture [7]) élaborée par les néo-cons sous bush Jr. ne les excluait pas.

La débandade initiale des rivaux stratégiques démontre qu’il y avait là un coup de génie, évidemment criminel. On a même l’impression que ces rivaux préfèrent courir le risque de guerres terroristes infra-étatiques plutôt que celui d’un conflit ouvert avec un adversaire sans scrupules, et de plus en plus agressif, parce que de plus en plus en difficulté. Une difficulté toutefois relative, que nous chercherons à préciser.

Un État-non-État à l’abri de son drapeau noir de pirate

Qu’y a-t-il de mieux pour les USA que d’installer dans le centre névralgique de l’Eurasie (déjà objet des cauchemars et des désirs du conseiller de Carter pour la sécurité, le « prophétique » Zbigniew Brzezinski) un État-non- État, un État-zombie, un être-non-être, une organisation territoriale qui, à l’abri de son drapeau noir de pirate, peut menacer d’actions effroyables tous les États voisins, depuis la Syrie, la Russie, l’Iran, la Chine, les républiques centre-asiatiques, puis, tout au long du corridor qui, à travers du Pakistan, pénètre en Inde et qui, à travers le Xinjiang ouighour, prend la Chine à revers ? Difficile d’imaginer meilleure arme non conventionnelle. Très difficile. C’est un terrible pieu planté au beau milieu de l’Organisation de coopération de Shanghaï.

Mais ce n’est pas tout : même l’Europe peut être menacée (cela n’a-t-il pas déjà été fait ?). Cela peut être utile, si elle se montrait trop récalcitrante face au projet néo-impérialiste états-unien, avec des annexes et des connexions du type du criminel Traité transatlantique de libre-échange (TTIP).

La difficulté où se trouveraient, disions-nous, les USA, ne réside pas dans un éventuel déclin inexorable du pays, selon on ne sait quelles lois géopolitiques ou économiques. En réalité, la difficulté réside dans le système capitaliste même, qui est aujourd’hui encore centré sur les USA, ce qu’on ne peut contester que si l’on pense que le système capitaliste est mesurable en termes de profits, Produit intérieur brut, échanges commerciaux et réserves de devises. Cela compte aussi, mais pas uniquement, parce que le système capitaliste est un système de pouvoir.

De plus, les puissances émergentes ont émergé, pour ainsi dire, « en retard » (il ne pouvait en être autrement), c’est-à-dire que les capacités destructrices militaires, industrielles, écologiques et financières mondiales ont déjà été massivement hypothéquées par un État-continent appelé États-Unis d’Amérique et par ses vassaux. Il est vrai que nous, pays capitalistes occidentaux à capitalisme mûr, ne comptons que pour 1/7e de la population mondiale, mais c’est justement ce qui donne l’inquiétante mesure du problème, puisque nous comptons immensément plus pour ce qui est de la capacité destructrice.

Une totale absence de scrupules

Le réalisateur Oliver Stone et l’historien Peter Kuznick ont fait remarquer, avec beaucoup d’acuité, qu’avec Hiroshima et Nagasaki, les USA ne voulaient pas seulement démontrer qu’ils étaient surpuissants, mais aussi (ce qui encore plus préoccupant) qu’ils n’auraient aucun scrupule dans la défense de leurs intérêts propres : ils étaient prêts à réduire massivement en cendres hommes, femmes et enfants.

Les populations libyennes, syriennes et irakiennes, martyrisées par les corsaires fondamentalistes, sont l’effroyable démonstration de cette absence de scrupules : ces épisodes de génocides par étapes sont accomplis en lieu et place de l’unique extermination nucléaire, jugée trop risquée. Dans ce sens précis, l’ISIS est utilisée comme une arme de destruction massive échelonnée.

En Occident, cette stratégie reste incompréhensible pour la plupart des gens

Il est vrai qu’elle est complexe, parce qu’elle se fonde sur un jeu complexe d’intérêts différenciés, depuis des intérêts purement idéologiques jusqu’à des intérêts purement maffieux. Cela n’en reste pas moins surprenant, parce que, outre que cette stratégie est désormais claire dans ses objectifs (évidemment parce que les USA eux-mêmes les ont éclaircis), elle est, comme on l’a vu, la réédition d’une stratégie connue et bien connue.

Sa perception pouvait être confuse pendant le conflit afghan des années 80. Il pouvait alors être difficile de comprendre la connexion entre choc des cultures, invasion soviétique et naissance de la guérilla islamiste, soutenue et organisée par les USA. Pourtant, certains chercheurs, en petit nombre, il est vrai, et traités comme des excentriques, avaient déjà fait remarquer les connexions entre crise systémique, reaganomics [8], financiarisation, conflits géopolitiques, et la reprise d’initiative néo-impériale des USA après la défaite au Vietnam (combien de fois a-t-on présenté les USA comme fichus !). Je veux parler des chercheurs regroupés dans l’école du « système-monde ».

Il est en tout cas curieux qu’une gauche aussi déterminée dans les années 60 et 70 à lutter pour la défense du prosoviétique Vietnam se soit retrouvée, très peu d’années après, à faire des clins d’œil aux fondamentalistes soutenus par les USA contre une Union soviétique maintenant considérée comme l’Empire à détruire à tout prix.

Les ex-militants de gauche sont devenus des supporters de la nouvelle politique impériale

Avec les Tours jumelles, début de la Troisième Guerre Mondiale par zones dont parle même aujourd’hui le Pape (a-t-il vraiment fallu 13 ans au Vatican pour le comprendre ?), la dérive totale de la gauche était pré-annoncée par un spectaculaire chant du cygne : les énormes manifestations contre les guerres de Bush Jr. et les politiques néo-libérales globalisées. On était sur la bonne voie, car c’étaient là exactement les deux aspects complémentaires du mariage entre argent et pouvoir, mis à nu par la crise systémique. Et pourtant, il a suffi de l’approfondissement de cette crise et de son irruption dans les centres capitalistes occidentaux, puis de l’élection sanctifiée de Barack Hussein Obama, pour faire dérailler tout raisonnement : et des centaines de milliers d’ex-militants ont été transformés en supporters actifs, passifs ou inconscients de la nouvelle politique impériale. Ce n’est pas une exagération : il suffit de comparer les 3 millions de personnes dans la rue à Rome en 2003 contre la guerre contre l’Irak et les 300 (trois cents !) personnes dans la rue à Rome en 2011 contre la guerre contre la Libye.

Mais le pire, c’est que ce n’est pas le résultat d’un programme de conditionnement sophistiqué ! C’est le succès des stratégies de communication introduites en leur temps par le Nazi Goebbels, redistribuées à travers les vieux et les nouveaux médias, avec une variante décisive : non seulement des mensonges gros comme des maisons répétés partout à l’unisson et par tous les médias, mais, en plus, assaisonnés avec les termes et les concepts qui plaisent le plus à la gauche. Si lancer des bombes fait froncer le nez, il suffit de dire qu’elles sont intelligentes ou même humanitaires, voire qu’elles constituent tout bonnement des aides humanitaires.

L’Empire parle alors un langage d’un registre étendu, depuis le registre réactionnaire, jusqu’au registre du progrès technique, social et politique. Ce n’est pas vraiment une nouveauté, mais sa cible est une société en voie de désarticulation, à cause de la crise toujours plus féroce, abandonnée et même trahie par les intellectuels et les politiciens auxquels elle s’était confiée, et où, hélas, même dans les quelques bastions de résistance qui restent, les effets mutagènes du langage impérial exercent leurs ravages.

Comme le commenta alors [2011] une vignette d’Altan [Dessinateur humoriste italien, NdT], il y a un truc, cela se voit parfaitement, mais tout le monde s’en fiche. Les raisons devraient en être étudiées de façon beaucoup plus approfondie que dans les rapides propositions qui précèdent, pour comprendre comment on peut sortir de ces limbes suspendus au-dessus du gouffre.

De toute façon, la « guerre contre le terrorisme » n’a abattu aucun terrorisme, parce qu’il n’y avait aucun terrorisme à abattre. En revanche, elle a détruit des États, d’abord l’Afghanistan, puis l’Irak.

Entre temps, le terrorisme est entré en sommeil, et n’est réapparu que pour donner quelques nécessaires preuves de vie, à Madrid et Londres, au cœur de l’Europe. En réalité, il était en phase de réorganisation, dans le sens où on était en train de le réorganiser pour les nouveaux théâtres d’opérations, peut-être, au début, pas encore très clairs dans l’esprit des stratèges états-uniens parce que, dans les crises systémiques, même celui qui génère et utilise le chaos en ressent les conséquences.

La gauche a déployé une stupéfiante capacité à ne rien comprendre

Avec Obama, les objectifs et la stratégie s’éclaircissent progressivement. Une fois la nouvelle armée corsaire réorganisée et montée en puissance, éclate la nouvelle offensive, moyennant deux préludes : le discours d’Obama à l’Université du Caire en 2009 et les « printemps arabes » commencés l’année suivante.

Dans les deux cas, la gauche a déployé une stupéfiante capacité à ne rien comprendre. Ayant désormais complètement séparé l’anticapitalisme de l’antiimpérialisme, la plus grande partie du « peuple de gauche » s’est laissé envelopper dans la mélasse du couple « bonnes intentions-droits humanitaires » [… ], élevant n’importe quel bla-bla au rang de concept, puis de Verbe. Il suffit qu’Obama parle, et on s’écrie en chœur : que c’est beau ! Quelle différence entre Obama et ce belliciste antimusulman de Bush ! Vous avez entendu ce qu’il a dit au Caire ?

Pas le plus léger soupçon que l’Empire est en train d’exposer sa nouvelle doctrine d’alliance avec l’Islam politique (alliance qui a son centre logistique, financier et organisationnel en Arabie saoudite, le partisan le plus fidèle et le plus ancien des USA au Moyen-Orient).

C’est encore pire avec les « printemps arabes »

Même alors que les bombardements sur la Libye ont commencé, la gauche n’a pas le bon sens de réviser son enthousiasme pour ces « révoltes ». Paradigmatique fut le démentiel et déplaisant appel de Rossana Rossanda [9] à s’enrôler dans les rangs des égorgeurs de Benghazi (dont le chef venait directement de Guantanamo, avec couverture de l’Otan), « comme les antifascistes l’avaient fait en Espagne ». Cet appel était le signe de la corruption aristotélicienne, non pas d’un cerveau de vieillard, mais de plusieurs générations de rêveurs ayant grandi sous le ciel de l’empire américain, naturel comme le firmament, et invisible comme le temps, donc non perceptible. Sous cette coupole étoilée et globalisée, le capitalisme devenait non plus un rapport social vivant dans une société et des lieux géographiques matériels, mais un simple concept qui s’opposait à un autre concept, celui du capital à celui du travail. Rien de moins matérialiste depuis les temps des discussions sur le sexe des anges.

Désaccoupler le capitalisme de l’impérialisme c’est comme prétendre dissocier l’hydrogène de l’oxygène, tout en voulant en même temps conserver l’eau. Pour un chrétien, c’est comme dissocier le Christ du Saint-Esprit : il en reste quelque chose, qui hésite entre l’érudition livresque et les bons sentiments instinctifs, livré comme une proie à tout démon fourbe et déterminé.

On est arrivé au point qu’un chef d’état-major étatsunien, le général Wesley Clark, révèle que la Libye et la Syrie étaient déjà en 2001 sur une liste d’objectifs sélectionné par le Pentagone, et que de soi-disant marxistes continuent, tranquillement, à croire à des « révoltes populaires », ces révoltes populaires qu’eux-mêmes n’ont pas été et ne sont pas capables de susciter dans leur propre pays. Bref, ce sont là les effets de crises d’abstinence.

Le Mouvement 5 étoiles et Sinistra Ecologia Libertà, apportent un peu de lucidité en Italie

Mais ce sont là désormais des détails résiduels, qui concernent des résidus historiques, privés de valeur politique. Ils servent tout au plus à illustrer le bien plus grave phénomène de toute une gauche confrontée à la Troisième Guerre Mondiale, et qui y arrive dans un état d’impréparation totale, sur les plans théorique, politique et idéologique. Elle est plus désarmée que le « peuple de droite », et souvent se range ouvertement dans le camp des bellicistes.

Ah ! Pasolini, comme tu avais raison de tonner contre les « irresponsables intellectuels de gauche » ! Jusqu’où sommes-nous arrivés !

Il n’y a qu’un petit rayon dans cet été si nuageux. On ne peut qu’être d’accord avec le Mouvement 5 étoiles [10] et le Sinistra Ecologia Libertà [11] sur leur opposition à l’envoi d’armes aux Kurdes (d’ailleurs à quels Kurdes ?). Divers raisonnements s’unissent ici, comme l’indécence d’exporter des armes et l’inutilité de la chose pour résoudre le conflit. Mais la vraie inutilité et l’indécence résident dans le fait que ce conflit est un jeu à somme nulle, dans lequel se trouveront prises des milliers de personnes, à 90 % des civils, comme c’est le cas dans tous les conflits modernes, et comme nous en avertissent des organisations comme Emergency.

Les preuves de ces forfaitures sont là, il suffit de les regarder

Le sénateur John McCain, en apparence franc-tireur, mais en réalité agent plénipotentiaire de la politique de chaos terroriste d’Obama, s’est mis d’accord aussi bien avec les leaders du Gouvernement régional kurde en Irak qu’avec le Calife de l’ISIS, Abu Bakr al- Baghdadi, ex Abu Du’a, ex Ibrahim al-Badri, un des cinq terroristes les plus recherchés par les USA, avec une récompense de 10 millions de dollars.

Il y a des témoignages et des preuves photographiques. Et c’est sur ces photos que se fonde la dénonciation devant l’autorité judiciaire, présentée par leurs familles, du sénateur McCain comme complice de l’enlèvement au Liban, par l’ISIS, de plusieurs personnes.

De même que Mussolini avait besoin d’un millier de morts à jeter sur la table des négociations de paix, les USA, l’ISIS et les dirigeants kurdo-irakiens ont besoin de quelques milliers de morts (civils) à jeter sur la scène de la tragédie moyen-orientale, afin de mener à bien la tripartition de l’Irak et le vol de zones du nord-est de la Syrie (ce qui est le contraire d’une union contre les terroristes de la Syrie et des USA, comme l’écrivent des voyous frivoles dont la plume est vendue au régime). Le tout au bénéfice du réalisme du spectacle.

[…]

En 1979, Zbigniew Brzezinski avait compris et écrit que le futur problème des USA était l’Eurasie et qu’il fallait donc la balkaniser, en particulier la Russie et la Chine.

Au début du siècle passé, en pleine hégémonie mondiale de l’Empire britannique, le géographe anglais Halford Mackinder [12] écrivait « Qui contrôle l’est de l’Europe commande le Heartland, qui contrôle le Heartland commande l’Ile-Monde, qui contrôle L’Ile-Monde commande le monde ».

Les infatigables déambulations de McCain entre Ukraine et Moyen-Orient ne sont donc pas un hasard. La pensée dominante est toujours la même. Ce qui a changé, c’est que les USA ont compris qu’il n’est pas nécessaire que ce soit ses propres troupes qui fassent tout le sale boulot.

Piotr | 25 Août 2014

[1] Nihil obstat est une locution latine signifiant proprement « rien ne s’oppose ».

[2] Harry St. John Bridger Philby (né le 3 avril 1885 à Badulla, Ceylan – mort le 30 septembre 1960 à Beyrouth, Liban), également connu sous les noms de Jack Philby ou Sheikh Abdullah (الشيخ عبدالله), fut espion britannique, explorateur, écrivain, et ornithologue (wikipedia, français).

[3] Gertrude Margaret Lowthian Bell, née le 14 juillet 1868 à Washington Hall dans le comté de Durham en Angleterre et décédée le 12 juillet 1926 à Bagdad, était une femme de lettres, analyste politique, archéologue, alpiniste, espionne et fonctionnaire britannique (wikipedia, français).

[4] Zbigniew Kazimierz Brzeziński (né le 28 mars 1928 à Varsovie en Pologne) est un politologue américain d’origine polonaise. Il a été conseiller à la sécurité nationale du Président des États-Unis Jimmy Carter, de 1977 à 1981 (wikipedia, français). Il est l’auteur du fameux livre Le grand échiquier (les-crises.fr, français).

[5] Étant formellement un État internationalement reconnu, Israël doit se soumettre à la légalité internationale, même s’il ne le fait pratiquement jamais (il se prévaut de larges dérogations), et il a une organisation politico-institutionnelle complexe (mais celle-ci compte de moins en moins, comme chez nous [en Europe, NdT]).

[6] La RAND Corporation, fondée en 1945, est une institution américaine à but non lucratif qui a pour objectif d’améliorer la politique et le processus décisionnel par la recherche et l’analyse (wikipedia, français).

[7] A New Nuclear Posture (armscontrol.org, anglais, 05-2010)

[8] Le terme de Reaganomics, mot-valise de « Reagan » et « economics » se réfère aux politiques en matière d’économie du président américain Ronald Reagan. Ses quatre piliers furent d’augmenter les dépenses du gouvernement, notamment militaires, de réduire les impôts sur le revenu du travail et du capital, de réduire la régulation, et de contrôler l’argent utilisé pour réduire l’inflation (wikipedia, français).

[9] Rossana Rossanda (Pola, aujourd’hui en Croatie, 23 avril 1924), est une journaliste et une femme politique italienne, dirigeante du Parti communiste italien dans les années 1950 et 1960 (wikipedia, français).

[10] Le Mouvement 5 étoiles (en italien, Movimento 5 Stelle ou Cinque Stelle, M5S) est un mouvement politique italien qui se qualifie d’« association libre de citoyens » (wikipedia, français).

[11] Gauche, écologie et liberté, un des petits partis à gauche de la gauche (wikipedia, français).

[12] Halford John Mackinder (15 février 1861 – 6 mars 1947) est un géographe et géopoliticien britannique. D’après sa théorie du Heartland, on observerait ainsi la planète comme une totalité sur laquelle se distinguerait d’une « île mondiale », Heartland (pour 2/12e de la Terre, composée des continents eurasiatique et africain), des « îles périphériques », les Outlyings Islands (pour 1/12e, l’Amérique, l’Australie), au sein d’un « océan mondial » (pour 9/12e). Il estime que pour dominer le monde, il faut tenir ce heartland, principalement la plaine s’étendant de l’Europe centrale à la Sibérie occidentale, qui rayonne sur la mer Méditerranée, le Moyen-Orient, l’Asie du Sud et la Chine (wikipedia, français).

Note du traducteur : Nous avons supprimé deux courts passages concernant la politique intérieure italienne, qui nous paraissent trop spécifiques pour le public francophone. Nous les avons signalés par la mention […].

Source : Le chaos s’éclaircit : voici pourquoi les USA utilisent l’ISIS pour conquérir l’Eurasie

Les médias occidentaux ont fait « disparaître » plus de 1,5 millions de Syriens et 4000 médecins

Photo du grand hôpital d’Alep-ouest détruit par les terroristes d’al-Nosra en décembre 2013.

Alors que l’armée arabe syrienne et le gouvernement syrien progressent dans le rétablissement de la sécurité à Alep, dans le nord de la Syrie, les organisations de droits de l’homme se présentant comme neutres, alors qu’ils font de la propagande de guerre, et les médias occidentaux (et leurs homologues du Golfe comme Al Jazeera) ressortent leurs accusations et leurs déclarations mensongères.

Selon ces ONG financées par les gouvernements occidentaux, George Soros et la plupart des médias, il n’y a plus qu’un «dernier» pédiatre et un petit nombre de médecins restant à Alep. Ils se réfèrent, bien sûr, uniquement aux régions d’Alep occupées par les terroristes (l’Est et certains quartiers nord) et ignorent le fait que le gouvernement syrien continue de payer les salaires des médecins dans les zones occupées par les terroristes, y compris l’est d’Alep.

Cette affirmation de «dernier pédiatre»(*) a été mise en avant cette année dans le cadre d’une frénésie médiatique tentant de dénigrer la Syrie et la Russie comme «ciblant les civils» (alors qu’en fait, ce sont les terroristes soutenus par l’étranger qui sont ciblés). Ces hyènes médiatiques et des droits de l’homme ont ignoré les réalités suivantes sur Alep :

  • La présence de terroristes (Jabhat al-Nusra, et ce que l’Occident appelle les «modérés» – Ahrar al-Sham, Jaysh al-Fateh, Nour al-Din al-Zenki, et les factions de la soi-disant Armée syrienne libre) dans l’est et dans le nord d’Alep.
  • La présence de plus de 1,5 million de civils dans la partie d’Alep-ouest sécurisée par le gouvernement, qui sont assassinés et mutilés chaque jour par des terroristes tirant des roquettes, des missiles, des mortiers et des munitions, ainsi que des balles explosives provenant d’Occident ou de Turquie, et des bidons et des mortiers farcis de bonbonnes de gaz, fabriqués localement.
  • La présence, dans la partie d’Alep sécurisée par le gouvernement, de civils venant des zones occupées par les terroristes – dont beaucoup ont, dès 2012, fui l’afflux de terroristes dans leurs districts; d’autres qui, au fil des ans, ont depuis fui à l’ouest, et un petit nombre d’entre eux qui ont récemment été en mesure de fuir par les couloirs humanitaires reliant l’est à l’ouest d’Alep.
  • La présence de 4 100 médecins (source : Association médicale d’Alep) et de nombreux hôpitaux fonctionnant à Alep – en dépit des sanctions pénales occidentales contre la Syrie et des hôpitaux détruits par les bombardements des terroristes.
  • Le fait que les terroristes dans Alep-set sont essentiellement non syriens (et non pas des «rebelles»), venant «de quatre-vingt-un pays différents avec des contingents importants venant de Turquie, des pays arabes du Golfe, d’Afrique du Nord, de Tchétchénie et de la région du Nord-Caucase russe». [Source: 10 Faits sur Alep]
  • Et qu’au moins 80% des terroristes sont affiliés à al-Qaïda et que la majorité des autres suivent de toutes façons les mêmes impitoyables idéologies. [Source: 10 Faits sur Alep] 

    Les médecins d’Alep réfutent les mensonges des médias

    Début juillet 2016, je me suis rendue en voiture à Alep. En entrant dans le quartier sud de Ramouseh, la voiture a accéléré le long d’une route connue pour être la cible des snipers terroristes. Trois semaines plus tard, au même endroit, une femme a été visée par un terroriste et tuée.

    A Alep, j’ai rencontré des médecins de l’Association médicale d’Alep (créée en 1959), y compris le Dr Zahar Buttal, le Dr Tony Sayegh, et le Dr Nabil Antaki.

    Une question que j’ai posée aux médecins concernait le mensonge, maintes fois répété, du «dernier pédiatre» à Alep (**), une allégation surprenante – n’ayant aucun rapport avec la vérité – conçue pour choquer le public occidental et le retourner contre le gouvernement syrien.

    Le Dr Zahar Buttal, président de l’Association médicale d’Alep, a réfuté ces allégations, soulignant qu’Alep disposait encore de 180 pédiatres en activité dans la ville. Au sujet du seul pédiatres prétendu restant à Alep-Est, il a déclaré : «Les médias disent que le seul pédiatre d’Alep a été tué dans un hôpital appelé al-Quds. En réalité, c’était un centre de soin non enregistré.» En ce qui concerne le pédiatre, «nous avons vérifié le nom du médecin et n’avons pas trouvé d’inscription dans les registres de l’Association médicale d’Alep».

    En effet, l’hôpital al-Quds en question était au cœur de la frénésie de mensonges médiatiques concernant Alep, le gouvernement syrien et ses alliés russes. Les revendications autour du bâtiment appelé l’hôpital al-Qods se contredisent les unes les autres.

    Au centre des mensonges on trouve les propos biaisés et la propagande de la très partiale organisation Médecins Sans Frontières, qui intervient uniquement dans les zones de Syrie sous le contrôle des groupes terroristes, en particulier Jabhat al-Nusra (dont la tentative de rebranding – Jabhat Fatha al-Sham – a échoué, car elle n’oblitère pas leur lien avec al-Qaïda, ni n’efface leurs crimes).

    La prochaine question aux médecins fut : si la zone d’Alep sécurisée par le gouvernement dispose de 180 pédiatres, quel est le nombre total de médecins qui travaillent encore là-bas ? En effet, les mensonges médiatiques ont affirmé, pendant des mois, que le nombre de médecins est en baisse; même un article de juillet de The Intercept affirmait que «le nombre de médecins à Alep a chuté jusqu’à une petite dizaine. Le nombre de médecins spécialistes restants est encore plus faible».

    Pourtant, selon le Dr Zahar Buttal, il y a jusqu’à présent 4 160 médecins inscrits et actifs dans la ville d’Alep, dans la zone gouvernementale regroupant plus de 1,5 millions de personnes. Sur les 4 160 médecins, 200 nouveaux médecins ont été enregistrés depuis le début de cette année.

    En ce qui concerne les affirmations médiatiques prétendant un manque de spécialistes à Alep, en plus des 180 pédiatres mentionnés, il y a bien sûr beaucoup d’autres spécialistes à Alep. Selon le Dr Zahar de l’Association médicale d’Alep, les spécialistes qui pratiquent encore dans la ville comprennent:

  • 30 chirurgiens cardiovasculaires
  • 214 chirurgiens généralistes
  • 11 pneumologues
  • 12 neurologistes
  • 8 neurochirurgiens
  • 250 obstétriciens/gynécologues
  • 15 gastro-gastro-entérologues

Dr. Nabil Antaki, lui-même gastro-entérologue, fait partie d’un groupe de 15 médecins spécialistes qui, depuis la fin de 2012, se sont portés volontaires et ont soigné dans les hôpitaux privés (avec l’équipement et les frais médicaux minimum) plus de 500 civils grièvement blessés par les bombardements terroristes, nécessitant des soins spécialisés. Les spécialistes de son seul groupe comprennent : trois chirurgiens généralistes, un chirurgien cardiaque, un neurochirurgien, deux chirurgiens orthopédistes et trois anesthésistes.

Le Dr Antaki a été direct au sujet de la couverture par les médias occidentaux sur Alep. Lorsque la campagne créée par les médias occidentaux, «Alep brûle», a pris son envol fin avril – le moment exact où les terroristes soutenus par l’Occident ont intensifié leurs bombardements quotidiens sur Alep. Le Dr Antaki, qui a pu voir le pire des victimes et des attentats, en a parlé.

Quand je l’ai rencontré en juillet 2016, le Dr Antaki a continué à se faire entendre au sujet des manipulations médiatiques flagrantes et au sujet de la réalité de terrain à Alep.

«Toutes les campagnes qui ont été lancées par les médias occidentaux concernent la partie est d’Alep, celle qui est contrôlée par les «rebelles». Tous les médias ont rapporté que les habitants y souffrent, les bâtiments sont détruits et que le gouvernement syrien y perpétue des «crimes de guerre». Mais, ce que nous endurons dans la partie contrôlée par le gouvernement syrien est bien pire que dans la partie est. Personne ne parle de ce qui se passe dans la partie ouest d’Alep. Il n’y a pas seulement des dizaines de mortiers chaque jour qui tombent sur la partie ouest d’Alep, mais des centaines, et chaque jour, nous avons des centaines de personnes tuées ou blessées et personne n’en parle. Quand les médias ont parlé d’un soit disant hôpital détruit dans la partie orientale, une semaine plus tard, la principale maternité d’Alep a été frappée par les bombes envoyées par les «rebelles», et des femmes ont été tuées, et personne [aucun média, NdT] n’en a parlé. »

Dr. Tony Sayegh d’Alep s’est également fait entendre au sujet de la flagrante partialité des médias à propos d’Alep. En juillet, au sujet de l’hôpital Qods et de la propagande autour de ce sujet, le Dr Sayegh m’a dit :

«Cet hôpital, dans le quartier Sukkari, ils en ont fait une grande propagande parlant du «dernier médecin dans cette zone», ce qui est absolument faux. Le gouvernement a des médecins qui travaillent dans cette zone et qui reçoivent leurs salaires du gouvernement, même si la zone est contrôlée par des terroristes. Pour le gouvernement, toutes les zones et leurs habitants sont Syriens. Les zones où il y a des terroristes, comme al-Manbij, comme al-Bab, dans toutes ces zones, il y a beaucoup de médecins qui travaillent avec le ministère de la Santé, et ils reçoivent leurs salaires du ministère de la Santé. »


Des dizaines de milliers de morts et de blessés d’Alep absents des grands titres des médias

Dr. Nabil Antaki a donné le résumé suivant de la vie quotidienne pour les civils de la partie d’Alep sécurisée par le gouvernement, de la mi-2012 jusqu’à notre réunion de juillet 2016.

Depuis Juillet 2012, la zone principale d’Alep est quotidiennement bombardée par des mortiers, des bombes et des bonbonnes de gaz, envoyés par les «rebelles» sur les civils vivant à Alep. Ici nous avons des dégâts humains plus importants que là bas, mais une destruction physique moindre, parce qu’ici nous recevons des mortiers et des bombes à cartouche de gaz. Si un mortier frappe un bâtiment, il peut faire un trou de la taille d’une fenêtre, mais aussi tuer cinq personnes à la fois. Dans la partie d’Alep sous le contrôle du gouvernement, chaque jour, nous avons des dizaines de blessés et tués.

À la fin avril 2016, les terroristes des quartiers occupés de l’est d’Alep, ainsi que des districts de Beni Zaid et des quartiers voisins aussi occupés, ont augmenté leurs campagnes de bombardement quotidiens de mortiers, d’explosifs à bonbonne de gaz (bonbonnes domestiques jusqu’à industrielles, bourrées de verre, de roulements à bille, d’éclats de métal), de balles explosives et de puissantes fusées fournis par l’étranger, de plusieurs dizaines jusqu’à plus d’une centaine par jour sur les zones fortement peuplées d’Alep garanties par l’État syrien.

Sur le bombardement accru, le Dr Nabil Antaki m’a dit :

«Habituellement, vous n’avez pas juste un mortier, vous avez une pluie de mortiers : dix, vingt, trente, et plus en quelques heures. Beaucoup de gens sont blessés en même temps. Lorsque les ambulances amènent les gens à l’hôpital public, peut-être vingt ou trente personnes arrivent en même temps. Les hôpitaux publics manquent de suffisamment de personnel et de matériel médical. Donc, si vous avez dix personnes gravement blessés qui arrivent en même temps à l’hôpital public, le temps que les soins arrivent, une victime a le temps de mourir.»

Dans son bureau de l’Association médicale d’Alep, le Dr Zaher Buttal lit ses statistiques journalières sur la campagne de bombardements terroristes de la fin avril / début mai :

  • 23 avril: 81 martyrs (morts), 30 blessés.
  • 28 et 29 avril : jours les plus sanglants. 31 martyrs, 75 blessés ** chiffres initiaux seulement.
  • 23 au 30 avril : 120 martyrs, plus de 800 blessés.
  • 3 mai : 25 martyrs, 100 blessés (dont 3 femmes tuées dans l’explosion de la maternité al-Dabeet).

Bien que l’Association médicale d’Alep ait documenté le nombre quotidien de tués et blessés par cette campagne de bombardement intensifié, et bien que les zones attaquées comprennent un certain nombre d’hôpitaux enregistrés à Alep, les médias soutenus par les «groupes de droits de l’homme» et basés en Turquie, ou encore plus loin, ont préféré citer des «activistes anonymes» et les acteurs Casques blancs d’al-Qaïda, dans leurs reportages sur Alep.

Comme beaucoup (sinon la plupart) des résidents d’Alep, le Dr Zaher Buttal n’a jamais entendu parler des Casques blancs. Le fait que le chef de l’Association médicale n’ait pas connaissance de ce groupe, qui se présente comme les sauveurs des civils à Alep, souligne le fait qu’ils travaillent uniquement dans les zones occupées par les terroristes et pour les terroristes eux-mêmes. Pour plus d’informations sur le groupe terroriste de propagande qui est connu sous le nom de «Casques blancs», voir cette vidéo et cet article.

Par Eva Bartlett – 14 août 2016 – Sott.net

Traduit par Wayan pour le Saker Francophone

(*)  Nous avons encore de nombreux pédiatres à Alep. Cela montre que, pour les médias, seule compte cette partie d’Alep-Est occupée par les « rebelles », et que les trois quarts de la ville d’Alep-ouest administrée par l’Etat syrien, où pratiquent encore de nombreux pédiatres, ne comptent pas. [Dr. Antaki].

(**) Le conseiller spécial de l’ONU, Jan Egeland, a déclaré dans une conférence de presse, le 27 avril 2016) ; « le dernier pédiatre d’Alep a été tué« .  L’ONU n’a jamais rectifié cette fausse information abondamment relayée par les médias ? Cela montre le peu de sérieux de représentants onusiens censés avoir un point de vue équidistant.

Nous n’avons cessé depuis 2011 de dénoncer le biais des médias

Les « rebelles modérés » ont privé d’eau durant de longues périodes 1,5 millions personnes vivant dans la partie d’Alep-ouest.

Nous n’avons pas souvenir d’avoir entendu Valérie Crova de radio France internationale – mettre l’accent sur les crimes perpétrés par les « rebelles » contre les Syriens vivant dans les zones tenues par le gouvernement.

Les journalistes traditionnels avaient les informations que nous avions. Ils ont choisi de ne prendre en compte que les communiqués des « opposants » (relayés par l’OSDH ou MSF et repris comme parole d’évangile par l’AFP). Ils ont fait croire au public que les terroristes étaient des « révolutionnaires », des « rebelles modérés »; passé sous silence les témoignages qui démontraient ce qu’ils étaient en réalité.

Ci-dessous une compilation de quelques textes parmi les milliers que nous avons publié depuis 2011. [ASI]

–http://arretsurinfo.ch/syrie-la-rts-denature-les-faits-a-lavantage-des-groupes-terroristes/

–http://arretsurinfo.ch/lhecatombe-continue-a-alep-ouest-dans-le-silence-general/

–http://arretsurinfo.ch/deluge-de-bombes-sur-alep-lhopital-dobstetrique-a-ete-detruit-de-nombreuses-victimes/

–http://arretsurinfo.ch/syrie-nabil-antaki-decrit-ce-qui-se-passe-reellement-a-alep-et-refute-les-propos-de-msf/

–http://arretsurinfo.ch/alep-stop-a-la-manipulation-par-le-dr-nabil-antaki/

–http://arretsurinfo.ch/alep-linformation-mensongere-continue-par-nabil-antaki/

–http://arretsurinfo.ch/lettre-dalep-revolte-et-compassion-par-nabil-antaki/

–http://arretsurinfo.ch/nabil-antaki-alep-ouest-est-encerclee-et-soumise-a-un-blocus-par-les-groupes-terroristes/

–http://arretsurinfo.ch/les-habitants-dalep-ouest-en-leur-majorite-applaudissent-des-deux-mains-loffensive-de-larmee-syrienne/

–http://arretsurinfo.ch/syrie-attention-ne-tombez-pas-dans-le-piege/

–http://arretsurinfo.ch/nabil-antaki-les-rebelles-bombardent-dune-facon-tres-intense-des-quartiers-civils-dalep/

–http://arretsurinfo.ch/la-population-dalep-sous-les-fusees-des-groupes-terroristes/

-http://arretsurinfo.ch/alep-bombardements-dhopitaux-et-propagande-de-guerre/

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Source : Les médias occidentaux ont fait « disparaître » plus de 1,5 millions de Syriens et 4000 médecins

Une école d’Alep-Ouest ciblée par les terroristes, tuant des enfants, dont MSF n’a pas parlé | Arrêt sur info

Photo de la vraie maternité Al-Dabbhet qui se trouve dans la partie ouest d’Alep tenue par le gouvernement, bombardée le 3 mai par les obus lancés par les groupes terroristes depuis l’est d’Alep  terroristes.

Les journalistes de la la presse traditionnelle portent une lourde responsabilité dans les souffrances endurées durant 5 ans par les Syriens, pour n’avoir relayé que la propagande des « opposants » terroristes. Leur parti pris pour ces criminels les a conduit à ignorer les cris de détresse de Monseigneur Antoine Audo ou du pére Elias Zahlaoui, ainsi que de tant d’autres Syriens, car ils mettaient en cause les terroristes dits « rebelles ». Ainsi, quand de vrais hôpitaux sont réellement bombardés et détruits par ces mêmes « rebelles », faisant de nombreuses victimes, les journalistes n’en parlent quasiment pas. Par contre ils relayent, jusqu’à la nausée, la propagande selon laquelle « Assad bombarde intentionnellement des écoles et des hôpitaux protégés » (qui ne sont pas signalés et dont les « rebelles » ne montrent que des images floues) ; propagande fournie par des sources proches des groupes terroristes – l’OSDH et MSF en première ligne – qui doit évidemment conduire à faire monter l’indignation; et surtout à obtenir que Bachar el-Assad soit jugé devant la CPI, condamné pénalement pour « crimes de guerre. [Silvia Cattori]

Une école d’Alep ciblée par les rebelles, quatre enfants tués

Alep vit un “enfer” permanent qui implique la population de toute la ville, dénonce Mgr Georges Abou Khazen. Le vicaire apostolique des catholiques latins d’Alep lance un appel aux puissances mondiales pour qu’elles fassent prévaloir une “logique de paix”, alors que des roquettes tirées par les rebelles ont touché une école, tuant au moins quatre enfants dans le secteur tenu par le gouvernement jeudi matin 13 octobre 2016.

Des roquettes lancées depuis le secteur oriental d’Alep ont frappé le 13 octobre une école du quartier majoritairement chrétien de Souleimaniyeh, à l’ouest d’Alep, tuant au moins quatre enfants, dénonce le prélat franciscain.

Toute la population souffre, à l’Ouest comme à l’Est

Dans une interview accordée à l’agence de presse catholique AsiaNews à Rome, le vicaire apostolique d’Alep des latins insiste sur le fait que la spirale de la violence et de la terreur touche toute la métropole du nord de la Syrie. “Nous ne voulons pas tous ces morts, ces destructions, mais le drame continue et implique les deux secteurs de la ville … Ici, il y a toute une population qui souffre, il y a tant de familles, que ce soit dans la partie orientale ou dans la partie occidentale, qui continuent à compter et à pleurer leurs morts”.

Mgr Abou Khazen plaide pour une trêve permettant de soulager les souffrances de la population, en lui apportant un peu d’aide. Cette trêve pourrait être à ses yeux “un premier pas” pour arriver “piano piano” à progresser sur le chemin de la paix. Et le prélat de relever que si “de nombreux groupes rebelles, surtout syriens, sont disposés à déposer les armes et à signer un accord”, l’intervention des principaux mouvements, avant tout extrémistes et djihadistes “étouffent dans l’œuf ces tentatives”.

Les chrétiens fuient Alep

Si avant la guerre, Alep comptait plus de 150’000 chrétiens de différentes confessions, il n’en resterait aujourd’hui plus que 30’000. Une vingtaine d’églises chrétiennes ont été détruites dans cette seule ville, dont certaines ont été visées délibérément par les rebelles islamistes, selon Alexander Dzasokhov, vice-président de la commission pour l’UNESCO de la Fédération de Russie, cité par l’agence de presse russe Interfax.

Alors que les médias occidentaux répercutent les chiffres des victimes des bombardements de l’aviation syrienne et de leurs alliés russes sur les quartiers rebelles d’Alep, fournis principalement par l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), les pertes infligées aux quartiers sous contrôle gouvernemental sont passées sous silence, déplorent des sources chrétiennes à Alep. Plus d’un million de personnes vivent dans le secteur gouvernemental, tandis que 250’000 autres vivent dans la partie contrôlée par les rebelles dits “modérés” et la galaxie djihadiste.

Depuis des semaines, indiquait vendredi dernier à l’agence d’information vaticane Fides Mgr Antoine Audo, évêque chaldéen d’Alep, “nous sommes de nouveau dans une situation de terreur généralisée même si l’on cherche à maintenir ouvertes les institutions publiques telles que l’université”.

Le “système médiatique global” en accusation

Il relève que des quartiers contrôlés par les rebelles arrivent chaque jour des tirs “effectués à l’aide d’armes sophistiquées, qui sèment la mort, même si les rebelles n’ont pas d’avions. Parmi les seuls chrétiens, on a compté plus de vingt morts au cours de deux dernières semaines. A nous qui sommes ici, tout le système médiatique global semble manœuvré par des intérêts géopolitiques qui manipulent l’information. Tout devient un prétexte de propagande et l’on continue à cacher le rôle et les opérations menées par des pays tels que la Turquie, le Qatar et l’Arabie saoudite”.

13.10.2016 – Jacques Berset

Source: https://www.cath.ch/newsf/ecole-dalep-ciblee-rebelles-quatre-enfants-tues/

Source : Une école d’Alep-Ouest ciblée par les terroristes, tuant des enfants, dont MSF n’a pas parlé

La riposte russe | Arrêt sur Info

La perte annoncée d’Alep est par les troupes barbare du Pentagone sonne comme une humiliante défaite des stratèges US, marquant un stop brutal à des décennies de stratégie payante. La guerre asymétrique qu’ils avaient menée jusqu’à présent en Afrique et Moyen-Orient fonctionnait à merveille. L’Afghanistan, l’Irak puis la Libye ont été anéantis et leurs matières premières livrées au pillage des multinationales, les mercenaires assurant la logistique. De gentils terroristes menaient une guerre de basse intensité contre les méchantes troupes gouvernementales empêtrée dans l’impossibilité de mener une riposte intensive sans provoquer des pertes considérables pour sa population civile. Au nom de ces pertes, l’occident agitait l’étendard de l’aide humanitaire et renforçait son aide aux terroristes. Imposant officiellement le respect d’une « no-fly-zone », les chasseurs pouvaient couvrir les mission d’appuis feu contre les troupes de l’État à anéantir. Alep, actuelle Armageddon, impose ici les limites de ces pratiques dans un imprévu paradoxal. En conséquence de la félonie de Deir ez-Zor, la Russie a hissé d’un niveau tactique la dissymétrie des forces engagées en déployant de façon intensive ses redoutables S 300 afin de protéger les implantations de l’armée de Damas contre les avions de la coalition (les S 400 déployés jusqu’à présent ayant pour fonction de protéger les bases russes).  Privée d’appuis-feu, la guerre asymétrique est vouée à la défaite.

Bruno Guigue décline ici sa lecture des implications géo-stratégiques du renforcement de la position russe en Syrie et du  demi retournement de veste de la Turquie.

  Une batterie de S-300

Les capitales occidentales vocifèrent, elles fulminent, elles se déchaînent contre Moscou. Dans un accès de délire, Hillary Clinton accuse le Kremlin de saboter les élections américaines. Les matamores galonnés du Pentagone menacent la Russie de l’apocalypse nucléaire. Justicier planétaire, François Hollande veut traîner Vladimir Poutine devant les tribunaux. On s’imagine sans doute que cette hystérie collective va intimider la Russie, la discréditer, la faire plier. C’est exactement le contraire. Décidé à suivre son propre agenda, Moscou est à l’offensive. Comme d’habitude dans les situations de crise, Vladimir Poutine se montre actif, non réactif. Loin de se laisser mener par l’événement, il le préempte.

La riposte russe se manifeste d’abord, évidemment, sur le terrain syrien. L’Occident fait feu de tout bois pour sauver la mise à ses protégés d’Alep-Est. Sa presse mobilise une opinion manipulée par des officines vêtues de blanc qui sont humanitaires le jour et terroristes la nuit. Washington menace l’Etat syrien de nouvelles bavures contre ses soldats qui luttent courageusement contre Daech. Le Département d’État se délecte à l’avance des pertes humaines que subira la Russie si elle s’entête à combattre les coupeurs de tête. Il brandit, sans vergogne, le spectre d’une sanglante offensive terroriste qui viendrait frapper au cœur des villes russes.

Avalanche d’ignominies, mais pour quel résultat ? Zéro. Au moment où les dirigeants occidentaux se consument en invectives, les opérations aériennes russes redoublent d’intensité à Alep. Elles permettent à l’armée syrienne d’engager la reconquête des quartiers orientaux de la ville tombés aux mains des bandes armées en 2012. Washington et ses affidés voulaient empêcher la Syrie de recouvrer sa souveraineté dans sa capitale du Nord. Ils rêvaient de faire d’Alep le centre névralgique de cette rébellion modérée qui n’existe que sur le papier. Le résultat de tous ces efforts, c’est que Damas a repris l’offensive et engagé la bataille décisive. Si Alep-Est est libérée, c’est la pseudo-révolution syrienne qui bascule dans les poubelles de l’histoire.

La Russie accompagne l’offensive terrestre à Alep-Est, mais elle organise aussi le déploiement des batteries S-300 et S-400 sur l’ensemble du théâtre d’opération syrien. L’installation de ce dispositif anti-aérien sophistiqué est un message explicite destiné aux faucons de Washington : ils seraient imprudents d’aller s’y brûler les ailes ! Moscou ne laisse aucun doute sur sa détermination à pulvériser tout appareil hostile venant parader dans le périmètre. Cruelle ironie de l’histoire ! Voulant rééditer le précédent libyen, Washington rêvait d’imposer une « no fly zone » à l’aviation syrienne. Hillary Clinton agite encore cette marotte à chaque meeting comme si c’était la panacée universelle. C’est raté. Aujourd’hui c’est Moscou qui impose la « no fly zone » à Washington. Et la Russie le fait au bénéfice d’un État souverain dans le respect du droit international.

Cet échec du camp impérialiste sur le terrain militaire n’est pas le seul. La riposte russe est aussi d’ordre politique. Avec habileté, le Kremlin a su trouver un modus vivendi avec Ankara. La Turquie ne renonce ni à combattre les Kurdes ni à soutenir les rebelles. Mais les Néo-Ottomans ont revu leurs ambitions à la baisse. La Turquie s’est rapprochée de la Russie par intérêt, signant avec elle un important accord gazier au moment où les USA fulminent contre le Kremlin. Prix à payer pour l’abandon d’Alep-Est par Ankara, Moscou lui a concédé avec l’assentiment implicite de Damas une zone-tampon au Nord de la Syrie.

Principal allié militaire des USA dans la région, la Turquie se résout donc à laisser les mains libres à la Russie du moment qu’on lui offre des garanties contre le séparatisme kurde. Dans la partie de poker qui l’oppose à la Maison Blanche, ce compromis avec les Turcs est un précieux atout entre les mains du Kremlin. Il illustre la supériorité de la diplomatie de conciliation d’un Lavrov sur la diplomatie d’intimidation des braillards de Washington. D’autant que Moscou, en même temps, scelle son alliance avec Pékin, Damas et Téhéran, se rapproche du Caire et soigne ses relations avec la plupart des pays de la région moyen-orientale.

Initiative militaire, succès diplomatique. Les faits parlent d’eux-mêmes. La Russie est de retour. Mais il y a un troisième front. Face aux menaces des Docteur Folamour du Pentagone, devant cette avalanche d’injures et de provocations, que fait Vladimir Poutine ? Exactement l’inverse. Aucune menace, aucune surenchère. Mais il tire les conséquences de la politique agressive des USA. Les deux pays coopéraient dans le domaine énergétique et nucléaire. C’est fini. Un décret de Vladimir Poutine vient de suspendre l’accord de coopération sur le plutonium. Cette décision est liée à « l’apparition d’une menace sur la stabilité stratégique suite aux actes inamicaux des États-Unis à l’encontre de la Russie ».

Les USA ont installé un bouclier anti-missiles en Europe de l’Est. Ils multiplient les manœuvres militaires avec leurs satellites aux frontières de la Russie. Le Pentagone envisage ouvertement la perspective d’un conflit meurtrier avec la Russie. Soit. La Russie ne menace personne, mais elle organise des manœuvres à Kaliningrad où elle déploie ses missiles dernier cri « Iskander M ». Simultanément, on envisage à Moscou la réouverture de bases militaires russes en Égypte, au Vietnam et à Cuba. Pour un pays qui a subi deux invasions dévastatrices au cours des deux derniers siècles (Napoléon et Hitler), la dissuasion n’est pas un vain mot. L’ours russe est un animal paisible, mais prière de ne pas l’importuner, il va grogner.

Bruno Guigue | 12 octobre 2016
 
Bruno Guigue est un ex-haut fonctionnaire, analyste politique et chargé de cours à l’Université de La Réunion. Il est l’auteur de cinq ouvrages, dont Aux origines du conflit israélo-arabe, L’invisible remords de l’Occident, L’Harmattan, 2002, et de centaines d’articles.

Source: http://arretsurinfo.ch/la-riposte-russe/

« La décision de Vladimir Poutine humilie la diplomatie française » | Bouger les lignes.

Dix minutes de lecture salutaire qui donnent la mesure de l’imbroglio sidérant dans lequel s’enfonce la diplomatie française. Américains ou russes, anglais ou chinois, allemands ou suédois, tous savent à quel point l’originalité culturelle d’une nation structure le socle nécessaire à son rayonnement économique. En réduisant cette originalité au futile, au ridicule, donc à l’humiliation, il n’est pas certain que nos gouvernants français nous mènent ailleurs que vers un esclavage annoncé. Reste que c’est peut-être – pour ma part je n’en doute pas – le fondement de leur intention.

FIGAROVOX/TRIBUNE – Vladimir Poutine a annoncé qu’il reportait sa visite à Paris où il devait rencontrer François Hollande. Pour Caroline Galactéros, cette décision n’est que la suite logique d’un amateurisme complet de la France en Syrie et ailleurs dans le monde.

Découvrant, mais un peu tard, que la guerre tue, qu’elle est laide, injuste et sans pitié, et surtout que l’on pourrait un jour peut-être, au tribunal de l’Histoire, venir demander à Paris des comptes sur son inaction face au drame – à moins que ce ne soit sur ses actions et ses options politiques-, la France a pris les devants. Accusant avec l’ONU le régime syrien et la Russie de crimes de guerre à Alep, elle a déposé en hâte un projet de résolution au Conseil de Sécurité des Nations Unies demandant l’arrêt des combats et des bombardements sur l’est de la ville (dont elle feint de croire qu’il n’est peuplé que de civils innocents qui resteraient là de leur propre gré et que la Russie et le régime pilonneraient par pure cruauté), l’acheminement de l’aide humanitaire et la reprise du processus de négociation.

Que dire de cette initiative, apparemment inspirée par une indignation vertueuse face au drame bien réel vécu par la population d’Alep-Est, à un moment où la tension russo-américaine monte dangereusement et peut faire craindre un dérapage militaire sur le terrain que certains, à Washington et à l’OTAN, appellent ouvertement de leurs vœux ? S’agit-il d’une nouvelle salve d’irénisme aveugle et de « pensée magique », funeste version 2016 de « Boucle d’or au Pays des trois ours » découvrant une intrusion dans sa maisonnette idyllique ? Ou d’une gesticulation habile mais dangereuse qui n’a pour but, en prétendant débloquer la situation, que de jouer les utilités au profit de Washington en fossilisant un peu plus les positions des deux camps qui s’affrontent désormais ouvertement sur le corps exsangue de la nation syrienne ? Difficile de démêler la part de négation du réel de celle de l’alignement sur ce que l’on présente comme « le camp du Bien » …et de nos intérêts nationaux, si mal évalués pourtant.

Ce cinéma diplomatique vient évidemment de se solder par un véto russe, attendu par Paris, Londres et Washington qui veulent faire basculer l’indignation internationale contre Moscou à défaut de mettre en cohérence leurs objectifs politiques et militaires avec leur prétendue volonté de paix. Mais prendre la tête du cœur des vierges ne suffit pas et ne trompe plus personne. L’évidence crève l’écran. « L’Occident » ne mène pas la guerre contre l’islamisme sunnite ou alors de façon très résiduelle : il le nourrit, le conseille, l’entraine. DAECH, dont la barbarie spectaculaire des modes d’action sert d’épouvantail opportun et de catalyseur de la vindicte occidentale, permet de juger par contraste « respectable » l’avalanche de djihadistes sunnites d’obédience wahhabite ou Frères musulmans qui ne combattent d’ailleurs pas plus que nous l’Etat islamique mais s’acharnent sur le régime syrien. Et l’Amérique comme la France cherchent avec une folle complaisance, dans ce magma ultraviolent, des interlocuteurs susceptibles d’être intronisés comme « légitimes » et capables de remplacer un autocrate indocile qui a le mauvais goût de résister à la marche de l’Histoire version occidentale et à la vague démocratique censée inonder de ses bienfaits un Moyen-Orient politiquement arriéré.

Saddam Hussein, Mouammar Kadhafi, cruels tyrans sans doute, n’ont pu y résister et croyaient encore pouvoir argumenter avec leurs adversaires occidentaux (longtemps leurs alliés) quand leur sort était en fait scellé depuis longtemps. Bachar el Assad a bien failli y passer lui aussi. Mais à notre grand dam, Moscou a vu dans cette nouvelle guerre occidentale de déstabilisation par procuration, une occasion inespérée de sécuriser ses bases militaires, de défier l’Amérique qui la méprisait trop ouvertement, de regagner une influence centrale dans la région et de traiter « à la source » le terrorisme qui menace son territoire et ses marges d’Asie centrale et du Caucase. Et l’a saisie.

Dans ce Grand jeu explosif de reconfiguration de l’équilibre du monde et notamment du nouveau duel cardinal, celui de Washington avec Pékin, la France, je le crains, s’est trompée du tout au tout et démontre à la face du monde mais surtout à l’ennemi – qui observe notre incohérence diplomatique et politique-, qu’elle pratique admirablement le grand écart facial stratégique… aux dépens toutefois, de nos concitoyens. Comment justifier en effet notre combat au Mali contre les djihadistes sunnites, notre soutien en Irak aux chiites contre les sunnites, et en Syrie notre appui aux groupuscules sunnites les plus extrémistes contre Bachar el Assad…tout en prétendant profiter du marché iranien entre ouvert ….et vendre des armes aux Saoudiens et Qataris sunnites qui sont by the way les financiers du djihadisme mondial dont nous subissons la haine et la violence terroriste sur notre sol désormais à un rythme soutenu ? C’est de l’opportunisme à très courte vue, mais plus encore un hiatus stratégique béant et la manifestation d’une totale incompréhension du réel.

De telles contradictions ne peuvent s’expliquer que par notre entêtement à vouloir en finir avec le régime syrien actuel dont nul n’imaginait qu’il résisterait si longtemps aux feux croisés de l’Amérique et de ses alliés sunnites. L’exigence américaine -reprise à son compte par Paris- d’une cessation des bombardements aériens sur Alep-Est « pour raisons humanitaires » aurait permis en fait de laisser les islamistes de la ville (soit rien moins qu’Al Nosra et consorts) se refaire une santé militaire en se servant des civils comme de boucliers humains, de poursuivre leurs tirs d’obus sur la partie ouest de la ville et d’empêcher Damas et Moscou de faire basculer décisivement le rapport de force militaire en faveur de l’Etat syrien dans le cadre d’une négociation ultime. Qui a d’ailleurs fait échouer le cessez le feu signé le 9 septembre dernier à Genève ? Les groupes terroristes qui n’en voulaient pas (et ont très probablement bombardé le convoi humanitaire du Croissant rouge aux portes d’Alep) et les Etats-Unis qui ont bombardé les forces syriennes à Deir el Zor et ouvert la voie aux forces de l’Etat Islamique. Encore un accord de dupes.

Temps court versus temps long, individu versus groupe, froideur politique versus empathie médiatique (sélective) : On se refuse à voir, dans nos démocraties molles, que la véritable action stratégique, pour être efficace, ne peut prendre en compte que des nombres, des masses, des ensembles, des mouvements, des processus, quand toute l’attention médiatique et la gestion politicienne des crises, elles, veulent faire croire que l’individu est central et se concentrent sur la souffrance et le sort des personnes, alors que celles-ci sont depuis toujours et sans doute pour encore longtemps sacrifiées à la confrontation globale et brutale entre Etats. Les images terrifiantes de la guerre au quotidien masquent la réalité d’un affrontement sans scrupules de part et d’autre, dont en l’espèce les malheureux Syriens ne sont même plus les enjeux mais de simples otages.

L’impensé du discours français n’en reste pas moins le suivant : Si Assad, « bourreau de son propre peuple » selon l’expression consacrée, était finalement militairement et politiquement mis hors-jeu, par qui compte -on le remplacer ? A qui sera livrée la Syrie, « utile » ou pas, une fois que DAECH en aura été progressivement « exfiltré » vers d’autres macabres « territoires de jeu », en Libye par exemple ? Quelle alternative pour la survie des communautés, notamment chrétiennes, encore présentes dans le pays qui passe par la survie des structures laïques d’Etat ? Quels individus veut-on mettre au pouvoir ? Les pseudo « modérés » qui encombrent les couloirs des négociations en trompe l’œil de Genève ? Le Front al Nosra, sous son nouveau petit nom – Fateh al Sham -, que les Américains persistent à soutenir en dépit des objurgations russes et qui a fait exploser le cessez-le feu ? Ou peut-être certains groupuscules désormais armés de missiles américains TOW qui n’attendent qu’un « go » pour tenter de dézinguer un avion ou un hélico russe, « par erreur » naturellement ? Ou encore les représentants des Forces démocratiques syriennes, ou ceux de « l’Armée de la Conquête » qui renait opportunément de ses cendres… Ou un mixte de tous ces rebelles – apprentis démocrates férus de liberté et qui libèreront enfin le peuple syrien du sanglant dictateur qui le broyait sous sa férule depuis trop longtemps ?

Croit-on sérieusement que l’on pourra contrôler une seule minute ces nouveaux « patrons » du pays qui se financent dans le Golfe -dont nous sommes devenus les obligés silencieux-, et dont l’agenda politique et religieux est aux antipodes de la plus petite de nos exigences « démocratiques » ? Ne comprend-on pas qu’ils vont mettre le pays en coupe réglée, en finiront dans le sang avec toutes les minorités, placeront les populations sunnites sous leur contrôle terrifiant, et que tout processus électoral sera une mascarade et ne fera qu’entériner une domination communautaire et confessionnelle sans appel ? … « Anne, ma sœur Anne ne vois-tu rien venir ? je ne vois que l’herbe qui verdoie et la terre qui poudroie » … Quelle naïveté, quelle ignorance, quelle indifférence en fait !

L’interview accordée le 5 octobre dernier par notre ministre des Affaires étrangères à la veille de son départ pour Moscou à Yves Calvi sur LCI est à cet égard, un morceau de bravoure édifiant, qui escamote la réalité et brosse un paysage surréaliste du conflit et de ce qu’il faudrait y comprendre et en attendre.

Florilège et exégèse….

 « La guerre ne sert à rien. Elle ne fait que renforcer les djihadistes » – Jean-Marc Ayrault

Est-ce à dire qu’il faut les laisser faire, leur donner les clefs du pays et prier peut-être, pour qu’ils ne massacrent pas les minorités qui y demeurent encore et instaurent la démocratie ? Faut-il ne plus agir en espérant qu’ils vont s’arrêter ?!!! De qui se moque-t-on ? Adieu Boucle d’Or. Nous sommes au Pays des rêves bleus de Oui-Oui…

Les Russes, qui se disent satisfaits de l’efficacité de leurs frappes contre les terroristes d’Alep-Est « sont cyniques » … – Jean Marc Ayrault

Qui est cynique ici ? Celui qui déforme la réalité d’un affrontement pour ne pas avouer qu’il est (avec d’autres) à la manœuvre d’une déstabilisation d’Etat par des groupuscules terroristes liés à Al Qaida (matrice de DAECH) sous couvert d’aspiration à la démocratie ? Ou ceux qui cherchent à réduire l’emprise djihadiste et à renforcer des structures d’Etat laïques avec ou sans Bachar ?

« La politique de la France est claire… Nous avons une stratégie, une vision. »  – Jean-Marc Ayrault

Ah ?! Laquelle ? Nous avons depuis 5 ans une politique étrangère à contre-emploi et à contre temps, réduite à deux volets : action humanitaire et diplomatie économique. En gros vendre des armes à tout prix aux pays sunnites, les aider à faire la guerre et à s’emparer du pouvoir à Damas… et porter des couvertures aux victimes de cet activisme économico-militaire : les Syriens.

En dépit de l’excellence de nos forces armées, de la présence du Charles de Gaulle sur zone et de nos missions aériennes soutenues, Paris n’est diplomatiquement et stratégiquement plus nulle part en Syrie, et depuis longtemps. Par dogmatisme, par moralisme, par notre parti pris immodéré pour les puissances sunnites de la région, nous nous sommes engouffrés dans un alignement crédule sur la politique américaine qui s’est en plus retourné contre nous dès l’été 2013, lorsque Barack Obama a dû renoncer à frapper directement Damas au prétexte d’un usage d’armes chimiques qui n’a d’ailleurs jamais été confirmé. Un camouflet d’autant plus lourd à porter que notre ancien ministre des affaires étrangères avait jugé bon, dès août 2012, de dire que « Bachar el Assad ne méritait pas d’être sur terre » et, en décembre 2012, « qu’Al Nosra faisait du bon boulot ». L’Etat Français a d’ailleurs été poursuivi – en vain à ce jour -pour ces déclarations ministérielles qui ont de facto encouragé le prosélytisme islamiste et le terrorisme en présentant le départ pour la Syrie à des apprentis djihadistes français comme une œuvre politique salutaire, avec les résultats que l’on connait sur le territoire national. N’en déplaise à Monsieur Ayrault, la France n’est ni écoutée, ni considérée, ni attendue sur le dossier syrien. Elle en est réduite à servir de go between entre Washington et Moscou lorsque ceux-ci ne peuvent plus se parler et qu’il faut faire semblant, une fois encore, de rechercher un compromis et d’amener Moscou à lever le pied d’une implication trop efficace à notre goût.

« Si le choix est entre Bachar et DAECH, il n’y a pas de choix. » – Jean-Marc Ayrault

Mais c’est pourtant le cas, ne nous en déplaise. Nous combattons l’Etat islamique pour la galerie, sans grande conviction ni détermination politique, de très haut, par des frappes qui sans présence terrestre demeurent symboliques. Pour Moscou, au contraire, il n’existe pas « d’islamistes modérés » ; combattre le terrorisme revient à combattre l’EI mais aussi ses avatars locaux innombrables à tout prix, y compris au prix de pertes civiles importantes. Et c’est aujourd’hui la Russie qui, dans les airs mais aussi au sol, avec l’Iran et le régime syrien, « fait la guerre », se bat contre le terrorisme islamiste qui menace tout l’Occident, gangrène nos vieilles sociétés repues et pacifiques et nous prend pour cible. Ils « font le job ». Un horrible job. Dans l’immédiat, il faut choisir entre le soutien à l’Etat syrien – que le régime d’Assad incarne-, et DAECH et Cie.

Le sommet est atteint à la fin de l’intervention ministérielle, lorsque l’on apprend que « la Syrie future devra être unitaire, avoir des structures étatiques stables, être protectrice de toutes ses minorités, mettre en place des institutions solides, contrôler son armée et ses Services… » (sic) ! Les bras nous en tombent. Voilà décrite…la Syrie d’avant la guerre !  Ce terrifiant carnage n’aurait-il donc été qu’un coup d’épée dans l’eau ?

Mais le pire était à venir. Ce matin, nous avons franchi un nouveau seuil dans le ridicule et le suicide politique. Au moment où il est d’une extrême urgence de se parler enfin à cœur ouvert, de dire la vérité, d’abandonner les poses et les anathèmes, de ne plus se tromper d’ennemi, de faire front commun -comme l’ont proposé les Russes depuis des lustres-, contre l’islamisme qui a décidé notre perte et s’esclaffe de notre ahurissante naïveté et de notre faiblesse, le président de la République française s’interroge publiquement, de bon matin, dans une émission de divertissement, devant l’animateur Yann Barthes sur TMC, sur l’opportunité de recevoir Vladimir Poutine à Paris le 19 octobre prochain !!!! « P’têt ben qu’oui, p’têt ben qu’non … » La réponse de Moscou à cette insulte ne s’est pas fait attendre : le Président russe ne viendra pas. Nous sommes au fond du fond du fond de l’impuissance politique et l’on se laisse couler, saisis par l’ivresse des profondeurs en croyant surnager.

Hauteur de vue et profondeur de champ, véritable souci pour la souffrance humaine : la realpolitik est la solution, pas le mal. La confusion permanente entre l’Etat syrien et le régime syrien nourrit la guerre. C’est l’Etat qu’il faut aider à survivre à l’offensive islamiste au lieu d’encourager les mouvements terroristes à le déstructurer. Le sort de Bachar el Assad est à la fois central et accessoire. Si l’Etat syrien devait tomber sous la coupe de DAECH ou sous celle d’Al Nosra et de ses avatars, alors ce seront les massacres communautaires et le chaos. Qui aura alors des comptes à rendre pour les avoir laissé advenir ?

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : FIGAROVOX – « La décision de Vladimir Poutine humilie la diplomatie française » – Bouger les lignes.

Gorbatchev : « Le monde approche d’une ligne dangereuse » | Insolentiae

La Russie s’est désengagée de l’accord PMDA signé en 2000 avec les USA  portant sur la démilitarisation des stock de plutonium. Les conditions pour la reprise de cet accord ont été placées par Poutine à un niveau notablement inadmissible par la partie étasunienne. Dans ce qui est présenté comme un ultimatum figure, par exemple, une  demande de remboursement de toutes les sommes perdues par la Russie du fait des embargos prononcés contre elle ! Que représentait cet accord pour que Poutine puisse se permettre d’interdire tout retour en arrière ? Charles Sannat nous dévoile une clé nécessaire à la compréhension de ces enjeux : l’approvisionnement des centrales nucléaires américaines (qui devait commencer en 2018 selon d’autres sources, ici).

Notons que la France est directement impliquée dans cette partie de billard à trois bandes : jamais l’uranium d’Areva en Afrique centrale n’aura été autant convoité. Avec tout ce que cela sous-entend sur le marché de la guérilla… Demain, l’uranium africain prendra gracieusement la direction de la côte est de l’Atlantique sous couvert de Boko Haram.

En agissant ainsi, Poutine renvoie la France dans ces cordes avec un message particulièrement grinçant sous forme de question perfide : qui sont, réellement, vos alliés naturels ?

Charles Sannat – 11 octobre 2016

Ce qu’il faut savoir c’est que malgré les sanctions à l’égard de la Russie, malgré les tensions en Syrie, malgré les relations diplomatiques en tout point exécrables, jusqu’à présent la Russie continuait à recycler son plutonium ET à en livrer après traitement aux États-Unis pour que cela serve de combustible aux centrales nucléaires américaines.

Vladimir Poutine vient de prendre pour la première fois une véritable mesure de rétorsion à l’égard des USA qui risquent de se trouver sans combustible bon marché. Cela est susceptible de peser également assez rapidement sur les cours de l’uranium sur lesquels vous pouvez spéculer avec de bonnes chances de profits à court terme.

Charles SANNAT

Situation en Syrie, terrorisme international, tensions dans les relations russo-américaines, essais nucléaires de la Corée du Nord : l’ex-dirigeant de l’URSS appelle à reprendre le dialogue pour éviter l’irréparable.

« Je pense que le monde s’est approché d’une ligne dangereuse. Je ne voudrais pas donner de recettes concrètes, mais je veux dire : il faut s’arrêter. Il faut reprendre le dialogue.

Sa cessation a constitué la plus grave erreur », estime Mikhaïl Gorbatchev. Selon lui, bien qu’il ne soit pas facile d’évoquer aujourd’hui la progression vers un monde sans armes nucléaires, cet objectif représente non pas une utopie, mais une nécessité.

À son avis, il est nécessaire de revenir sur les priorités principales : la réduction des armes nucléaires, la lutte contre le terrorisme, la prévention des catastrophes environnementales. « Devant de tels défis, tout le reste s’efface », a assuré M.Gorbatchev.

La semaine passée, le président russe Vladimir Poutine a signé un décret portant sur la suspension de l’accord avec les États-Unis sur le recyclage du plutonium. Cette décision est liée à l’apparition « d’une menace à la stabilité stratégique suite aux actes inamicaux des États-Unis à l’encontre de la Russie », ainsi qu’à l’incapacité des États-Unis à respecter leurs propres engagements dans le domaine du recyclage du plutonium militaire.

En outre, mercredi dernier le premier ministre russe Dmitri Medvedev a signé un décret concernant la suspension de l’accord avec les États-Unis sur la coopération dans les secteurs nucléaires et de l’énergie. Selon le document, une telle décision a été prise en raison des restrictions américaines à la coopération avec la Russie dans le domaine de l’énergie nucléaire.

Toutefois, Moscou s’est réservé le droit de relancer la coopération « lorsque cela sera justifié du point de vue du contexte général des relations avec les États-Unis ».

Le génocide de l’Europe conçu en 1922 ? | Le peuple

Richard Kalergi : le génocide des Nations européennes a-t-il été programmé en 1922? Le père de l’Europe, Walter Hallstein, était-il conseiller d’Hitler? Réponse: oui aux 2 questions! Un peu d’histoire, mais qui explique des décisions prises aujourd’hui par les Merkel et autres Juncker, qui sont en train de détruire l’Europe (photo  de couverture: Herman Van Rompuy reçoit le prix Kalergi en 2012)

Qui connaît encore le comte Richard Nikolaus Eijiro von Coudenhove-Kalergi, né Aoyama Eijirou , aristocrate austro-hongrois (puis tchèque, puis français)? De mère japonaise, il a vu le jour le 16 novembre 1894 à Tōkyō au Japon et est décédé le 27 juillet 1972 à Schruns en Autriche. Richard Kalergi (pour faire court) est un des inspirateurs importants des « Pères de l’Europe ». En 1922, il publie un manifeste intitulé Pan-Europa et en 1925 un essai politique « Praktischer Idealismus » dans lesquels il développe sa vision des Etats-Unis d’Europe, vision qui sera à la base de la CECA (Communauté européenne du charbon et de l’acier), de la Communauté européenne et ensuite de l’Union européenne telle que nous la connaissons.

Il est aussi le créateur du mouvement politique paneuropéen qui, encore aujourd’hui, défend l’idée d’une Europe unifiée politiquement, économiquement et militairement dans une communauté de droit fondée sur la paix, la liberté et les valeurs chrétiennes. Il est à l’origine de la monnaie européenne et de l’hymne européen (l’Hymne à la joie) qu’en 1929 il avait proposé comme symbole unificateur de la future Europe.

A priori, un visionnaire, européen, humaniste … voire utopiste ou naïf. Pas certain … Si vous lisez son manifeste fondateur Pan-Europa publié en 1922 et surtout son livre Praktischer Idealismus publié en 1925, la vision européenne de Kalergi est nettement moins sympathique. Jugez-en.

Dans son Praktischer Idealismus, Kalergi défend, pour sa vision européenne, la reconnaissance d’une « geistigen Führerrasse Europas »  ou élite intellectuelle pour laquelle la notion de « race des seigneurs » (Herrenrasse) prend tout son sens; il prône une « eurasisch-negroide Zukunftsrasse », future race à inventer, unique, indifférenciée, métissée. Il défend un projet de séparer une élite éclairée qui se reproduirait par un principe de « Freie Ehe (…) aus den göttlichen Gesetzen erotischer Eugenik », sorte d’union libre, fruit des lois d’un eugénisme divin où c’est la personnalité qui compte et non plus l’appartenance à un peuple; les autres devant se satisfaire de leur condition de « Mindervertige » (race inférieure).

Il y fait, également, une critique radicale du sentiment national et recommande « eine Soziale Eugenik » et culturel, eugénisme social et culturel indolore et progressif favorisant l’émergence d’une société de caste inégalitaire, radicalement à deux vitesses et un modèle juridique social adapté. « (source https://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_Nikolaus_de_Coudenhove-Kalergi)

En d’autres termes, en 1922, cet inspirateur d’une Europe du peuple (par opposition à une Europe des nations) est un partisan d’un eugénisme particulier (race unique, indifférenciée, eurasien-négroïde) se développant par la révolution technique, dirigée par une élite autoproclamée, nouvelle aristocratie européenne éclairée et de droit divin (il est lui-même noble et son mouvement a été présidé par un des Habsbourg après lui), déconnectée du peuple, considéré comme race inférieure. Pas étonnant qu’il ait tenté de rallier Mussolini à ses vues. Sans succès, pourtant.

Même si son projet est aux antipodes du Mein Kampf d’Hitler, on y retrouve les mêmes principes : un Fürher investi d’une mission divine, une élite « aristocratique », un peuple soumis à cette élite et une race des sous-hommes, les Untermenschen pour Hitler ou les Mindervertige de Kalergi. Les juifs ne sont pas la cible dans l’utopie de Kalergi : son épouse était juive et lui-même philosémite, considérant que le brassage métissé des juifs est l’exemple même de peuple de race unique dissociée de l’appartenance à une nation. Kalergi ne passe pas par la solution finale d’Hitler pour « nettoyer » l’Europe » : il suffit d’avoir de la patience et les peuples européens se métisseront au fil du temps, diluant ainsi leurs origines. (Remarque : l’élite n’est pas tenue à se métisser …) Kalergi met en exergue l’exemple des USA qui sont, à ses yeux, le prototype d’une telle société (technique, élite, métissage).

Son mouvement paneuropéen existe toujours et forme un groupe parlementaire européen (120 députés), le Parti populaire européen.

L’Europe que nous connaissons est une application des thèses de Kalergi, thèses qui n’ont pas été reniées à ce jour. La création de l’Europe par la CECA, que Kalergi a lui-même promue, est un élément objectif qui permet de dire que l’Europe des »Pères fondateurs » est née dans le berceau des idées racistes et autoritaires de Kalergi.

Sur les frontières : Kalergi combat l’idée même de frontière et de nation, cause des guerres.
Sur les migrations : la vigueur de l’Europe est liée à l’accueil d’une immigration asiatique et africaine, génératrice de brassage ethnique. Le métis est, selon lui, plus souple, moins revendicatif et ne s’identifie pas à une nation (du moins, à une nation européenne).
Sur la famille, l’éducation, la nationalité : les peuples « purs » se reproduisent selon un même schéma, avec la même éducation, la même mentalité, la même culture. Il faut donc combattre la famille qui perpétue les traditions et le nationalisme.
Sur la démocratie : l’élite européenne n’a pas besoin d’un parlement pour diriger l’Europe puisqu’elle est « de droit divin ».

Tous les deux ans, le prix Coudenhove-Kalergi est remis à des personnalités ayant oeuvré pour la construction européenne. Ont reçu ce prix : Angela Merkel, Eric Van Rompuy, Jean-Claude Juncker …

Comme on le voit, ces idées de 1922/1925 sont toujours d’actualité : Europe multiculturelle, dictature de la commission, portes ouvertes pour les migrants, brassage ethnique, réforme de la famille( divorces facilité, loi des genres, PMA, PGA, mariage pour tous, abaissement de l’âge de la responsabilité sexuelle, dérives à la Cohn-Bendit, révision des programmes scolaires, …)

 

  Walter Hallstein: autre personnalité controversée. Cet Allemand a été nommé premier président de la Commission européenne et son parcours n’est pas anodin. Sous le III° Reich, ce juriste et professeur d’université a appartenu à diverses organisations professionnelles nazies : Nationalsozialistischer Lehrerbund, Nationalsozialistischer Rechtswahrerbund, Nationalsozialistischer Deutscher Dozentenbund sans toutefois être membre du parti. Il a été conseiller d’Adolf Hitler, travaillant à son concept de Nouvelle Europe.

Capturé à Cherbourg, en 1944, il fut envoyé dans un camp de prisonniers aux USA. Il en revint pour mener une carrière politique au sein de la CDU (Chrétiens-Démocrates). A-t-il été « retourné » par les américains ? Question sans réponse… En 1950, il fait partie de la délégation allemande négociant, sous Konrad Adenauer, la création de la Communauté européenne du charbon et de l’acier. C’est là qu’il rencontre un des « Pères fondateurs », Jean Monnet. Secrétaire d’Etat aux affaires étrangères dans le gouvernement Adenauer, en 1951, il est à l’origine de la doctrine Hallstein qui permet à la RFA de rompre toute relation diplomatique avec tout Etat qui reconnaîtrait la RDA.

Il deviendra le premier président de la Commission européenne de 1958 à 1967 (Commission Hallstein) et se déclarera partisan d’une Europe fédérale. Limogé sous la pression de de Gaulle, il sera remplacé par Jean Rey, en 1967. Il terminera sa carrière au sein de la CDU comme député de 1969 à 1972. De 1968 à 1974, il sera président du Mouvement européen, fondé en 1948 et dont Winston Churchill sera le premier président. Robert Schuman, Paul-Henri Spaak, autres dirigeants du Mouvement européen, auraient été directement financés par la CIA, au travers des fondations Ford et Rockefeller. C’est du moins ce que rapportait historien américain Richard J. Aldrich. Pas mal pour un ancien conseiller d’Hitler …

On retrouve donc, dans « l’élite de Kalergi » un autre personnage politique, membre d’associations nazies, conseiller juridique d’Hitler en matières européennes, proche des « Pères fondateurs », à l’origine de la CECA et président d’un mouvement politique européen supposé financé par les USA …

L’Europe, telle qu’on nous la présente aujourd’hui, est-elle une réelle émanation de la volonté populaire ou la réalisation, undercover, d’un projet politique pensé, créé, exécuté par des apprentis sorciers appartenant à une élite de droit divin ? Sommes-nous le Mindervertige cher au comte Richard Nikolaus Eijiro von Coudenhove-Kalergi ? Vivons-nous, aujourd’hui, le génocide programmé des Nations européennes ?

P.H.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Walter_Hallstein

 

 

 

Source : Le génocide de l’Europe conçu en 1922?

via L’Échelle de Jacob